Quel programme Emmanuel Macron mettra-t-il en œuvre s'il est réélu à la présidence de la République en avril prochain ? Le président-candidat dévoile ce jeudi différentes mesures qu'il entend appliquer, à l'occasion d'une conférence de presse, sa première en dehors de son costume de chef de l'État. Parmi elles, le "chèque alimentaire". Le candidat soutenu par LaREM a déjà indiqué vouloir le mettre en place au cours d'une intervention à Poissy (Yvelines), il y a une dizaine de jours.
Ce "chèque alimentaire" ne figurait pas dans son programme de 2017. Mais il est loin d'être une nouveauté. Il s'agit en effet d'une initiative de la Convention pour le climat, l'assemblée citoyenne créée en 2019 et chargée de proposer des solutions au gouvernement. Elle avait retenu l'attention d'Emmanuel Macron. "Je suis d'accord sur le chèque alimentaire, donc il faut qu'on le fasse", avait déclaré le chef de l'État devant la Convention en décembre 2020. "Vous avez raison, donc on va le faire."
Selon Emmanuel Macron, cette mesure doit servir à "aider les plus précaires à se nourrir avec des produits biologiques et locaux". Elle a même été votée dans la loi climat et résilience, en juillet 2021, par le Parlement. Sans jamais voir le jour jusqu'ici. "C'est très compliqué à mettre en œuvre, je ne vous le cache pas", avait admis en septembre dernier le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, sur RMC.
"Une solution de ce type, il faut s'assurer qu'elle puisse fonctionner", précisait-il, désirant "que l'argent aille à ceux qui en ont réellement besoin." Le locataire de Bercy indiquait alors qu'un tel dispositif ne verrait pas le jour "avant 2022".
La voilà remise au goût du jour, dans un contexte où l'inflation doit dépasser la barre des 4% en France dans les prochaines semaines, selon les prévisions de l'Insee, y compris en raison de la hausse des prix de l'alimentaire. Emmanuel Macron va notamment devoir préciser à qui s'adresserait cette aide, et quel serait son montant.
Ces derniers temps, plusieurs hypothèses ont été évoquées. Le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, s'est montré favorable à accorder une priorité à un million de jeunes de 18 à 25 ans, qui recevraient une cinquantaine d'euros par mois pour se nourrir. Diriger ce "chèque alimentaire" vers les "huit millions de personnes concernées par l'inégalité nutritionnelle" faisait également partie des pistes. Reste désormais à savoir comment Emmanuel Macron tranchera, et quel serait le coût pour les finances publiques.
L'ancienne garde des Sceaux Christiane Taubira avait également proposé la création d'un "chèque alimentaire" du temps où elle était dans la course à l'Élysée. La gagnante de la primaire populaire entendait mettre en place une aide de 150 euros, "sous condition de ressources", pour améliorer la situation alimentaire des plus précaires. Plusieurs associations de l'alimentaire poussent aussi les candidats à la présidentielle à œuvrer pour l'alimentation durable.
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