Le genre du thriller ésotérique a été marqué par l'arrivée pétaradante en 2010 de la série des enquêtes du commissaire Antoine Marcas, flic et franc-maçon. Puis ses auteurs, Éric Giacometti (le journaliste) et Jacques Ravenne (l'historien), ont troqué leur Marcas pour un autre, son aïeul, Tristan Marcas.
Père ou grand-père d'Antoine, on ne sait, sinon que Tristan est marchand d'art puis espion trouble dans la saga du Soleil noir, lancée après la résolution des grandes énigmes ésotériques de l'Occident dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale. Artefacts maudits, trésors des Romanov, secret des Templiers, cercles satanistes et, pour ce sixième volet, la vie éternelle grâce… au sang du diable ! Emprisonné dans le Paris occupé de 1944, Tristan rencontre Solange, dite la « papesse », qui lui fait une étrange prédiction. Sa femme, enceinte, aux mains de Himmler, fomente son évasion d'un Lebensborn, tandis que, cinq siècles plus tôt, le prince Vlad, dit Dracul, dans les Carpates, nous introduit à la légende des buveurs de sang… Vous vouliez de l'aventure, elle est là !
Le Graal du diable, de Giacometti et Ravenne. (JC Lattès, 480 p., 22,50 €).
L'extrait qui tue : Prologue Serbie Territoire allemand du Banat Juillet 1944 Le soleil enfin évaporé, deux hannetons à la carapace piquetée de jaune sortirent de leur résidence, un monticule de pierres collé contre une grange. C'était l'heure de passer à table, et le potager situé de l'autre côté de la cour de la ferme leur offrirait le plus merveilleux des festins. Dévorer était leur seule raison d'exister. Au moment où ils décollaient vers le paradis, une ombre gigantesque apparut au‐dessus des insectes. Ils n'eurent pas le temps de rectifier leur plan de vol que l'ombre, la semelle de bois cloutée d'une botte, les écrasait à la vitesse de l'éclair. – Deux vermines en moins, lança le propriétaire de la botte, un caporal de la Wehrmacht corpulent qui s'était levé de sa chaise et regardait de tous côtés comme s'il se sentait épié. – Plus faciles à exterminer que ces salopards de partisans communistes, commenta son compagnon, un soldat qui taillait un pieu avec son couteau de campagne. Le caporal balaya la cour d'un regard inquiet et cracha sur le sol de boue craquelée. Il n'avait pas plu depuis presque un mois et une chaleur inhabituelle stagnait sur la plus grande ferme fortifiée des alentours de Bela Crkva, l'Église Blanche. La ferme du maire, plus nazi que ses compatriotes du Vaterland1. De mémoire de paysans on n'avait jamais connu un é...
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