Corinne Herrmann, maître “cold cases”

tmorel - Valeurs Actuelles - 13/05
Depuis plus de vingt ans, Me Corinne Herrmann a fait des affaires non élucidées sa spécialité. D'Émile Louis au couple Fourniret en passant par Francis Heaulme, son nom est associé aux plus illustres des tueurs en série. Un combat comme un sacerdoce mené au nom des victimes et de la vérité.

Sous sa frange rouge, ses yeux soulignés d’un trait de khôl se plissent à l’évocation du dossier Véron. « C’est scandaleux de voir encore des familles aussi maltraitées par la justice ! », s’insurge Me Corinne Herrmann en plantant son regard bleu acier dans le nôtre. Quelques mois plus tôt, elle avait rencontré autour d’un café Damien et Sibylle Véron, le frère et la sœur de Tiphaine, disparue au Japon à l’été 2018. Cela fait cinq ans qu’ils se battent seuls pour la retrouver. Cinq ans que leurs recherches se bornent aux salamalecs d’une police japonaise refusant d’envisager toute piste criminelle. Cinq ans que l’enquête piétine en France, victime de l’inertie de la justice et de l’absurde rotation des juges d’instruction se refilant les dossiers épineux au gré des mutations. En réalité, jusqu’ici, personne n’a réellement recherché Tiphaine.

Michel Fourniret : une trentaine de « cold cases » réexaminées grâce à des ADN trouvés sur un matelas

​Le clan Véron a fini par saisir l’avocate qui a fait des “cold cases”, ces affaires non élucidées dont les dossiers poussiéreux s’entassent dans les sous-sols des tribunaux, sa spécialité. Son nom est associé aux plus célèbres des tueurs en série : Francis Heaulme, “le Grêlé”, Émile Louis, le couple Fourniret. Aux petits fantômes d’Estelle, Élodie, Joanna, Isabelle, Marie-Angèle, Christelle, Charazed et tant d’autres disparues qui l’ont hantée et ont noirci les colonnes des rubriques “faits divers” pendant des décennies.

« Même enfermé dans le box des acc...
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