Émue jusqu’aux larmes, la voix étranglée, Wadad Kharrat peine à contenir son émotion lorsqu’elle se remémore la réaction de son petit garçon Karl lorsqu’il a entendu sa voix pour la première fois. Mère de quatre enfants, dont deux jumeaux Angie et Karl, diagnostiqués malentendants de naissance à un an et demi, la femme se dit constamment prête à partager son expérience, à exprimer son ressenti, à témoigner et à raconter l’accompagnement de ses enfants dans leur cheminement vers l’audition. « Angie et Karl ont aujourd’hui 15 ans. Ils ont passé leur brevet et sont actuellement en classe de seconde et sont parfaitement intégrés à la société. Ils caressent de beaux rêves. Angie a un penchant pour la gymnastique et le droit, alors que Karl se montre très enclin pour tout ce qui a rapport à la nature et à l’environnement. Nous sommes très fiers », raconte cette mère. Scolarisés dès leur plus jeune âge à l’Institut Père Roberts à Sehaïlé, pour qu’ils puissent recevoir une éducation qui leur permette de construire un avenir et de s’intégrer au double plan, social et professionnel, Angie et Karl s’apprêtent dans quelques années à rejoindre l’université. Appréhende-t-elle ce tournant ? « J’ai appris à vivre au jour le jour. Je refuse de soumettre mes enfants et moi-même à un stress quotidien », réplique-t-elle avant d’enchaîner : « J’ai été responsable scolaire et je sais pourquoi j’ai opté pour l’Institut du Père Roberts au lieu d’un établissement scolaire classique, et ce bien qu’au début, j’étais moi-même récalcitrante à cette idée. À l’institut, il y a une structure adaptée à leurs besoins. Une équipe pluridisciplinaire, composée d’orthophonistes, de psychomotriciennes, de psychologues, d’audiologistes, de médecins ORL (spécialisés en oto-rhino-laryngologie) ainsi que d’enseignants spécialisés et formés, es...
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