Blouson noir ajusté et silhouette juvénile, Étienne Daho est assis au fond d’un bar d’hôtel tendu de rouge sombre, qui fut jadis un claque. La voix est douce et claire, peut-être à peine plus grave, comme si, plus de quarante ans après ses débuts, le temps n’avait pas de prise sur cet infatigable défricheur, curieux de toutes les formes d’art.
Conçu avec Jean-Louis Piérot, ex des Valentins et complice de toujours, son treizième album, Tirer la nuit sur les étoiles, est au carrefour de nombreuses influences qui témoignent de goûts éclectiques et d’une curiosité inaltérée pour les sonorités nouvelles.
Du titre d’ouverture à l’atmosphère immédiatement familière, inspiré par la romance d’Ava Gardner et Frank Sinatra, en duo avec Vanessa Paradis, à Roman inachevé, Étienne Daho déploie douze chansons aux textes ciselés sur l’amour et ses poisons, mais aussi en prise avec l’actualité, même s’il avance encore masqué.