Italie : comment Giorgia Meloni veut changer de régime politique

LCI - 09/05
[VIDÉO] - La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a lancé, ce mardi 9 mai, sa grande réforme constitutionnelle, promise durant les législatives. La leader d'extrême droite veut renforcer le pouvoir de l'exécutif dans un pays marqué par la valse répétée des gouvernements.

La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a lancé, ce mardi 9 mai, sa grande réforme constitutionnelle, promise durant les législatives.
La leader d'extrême droite veut renforcer le pouvoir de l'exécutif dans un pays marqué par la valse répétée des gouvernements.

Giorgia Meloni s'attaque à la Constitution de son pays. Après avoir défrayé la chronique en Italie avec son 1er-Mai antisocial, lors duquel elle a rogné les minima sociaux pour les Italiens les plus pauvres, la Première ministre a engagé, mardi 9 mai, une grande réforme constitutionnelle, l'une de ses promesses électorales emblématiques. La cheffe de gouvernement d'extrême droite, partisane d'une évolution du système, jugé inefficace et instable, a pour objectif de stabiliser l'exécutif et de gagner en efficacité - "un gouvernement en place pour cinq ans", a-t-elle défendu - alors que l'Italie a connu 68 gouvernements depuis 1946.

"J'ai le mandat des Italiens" pour lancer le chantier des "réformes institutionnelles dont l'Italie a besoin", a prévenu la leader de Fratelli d'Italia, à l'ouverture du dialogue avec les représentants des partis politiques. Deux options sont sur la table : le présidentialisme sur le modèle français, réclamé de longue date par son parti post-fasciste, avec l'élection au suffrage universel du chef de l'État, jusqu'alors élu par de grands électeurs, ou l'élection au suffrage universel direct du président du Conseil, système dit du "premierato". Deux possibilités qui réveillent les craintes d'une dérive populiste ou autoritaire.

Pas d'entrée possible en vigueur avant 2029

La réforme doit être approuvée à la majorité des deux tiers du Parlement, un obstacle probablement insurmontable compte tenu des divisions à gauche que Giorgia Meloni a promis d'enjamber en convoquant un référendum. Elle n'entrerait en vigueur qu'en 2029, à l'issue du mandat du président en exercice, Sergio Mattarella. Issu de la démocratie-chrétienne, il est perçu comme le gardien des institutions face à toute tentation de dérive anti-démocratique de la majorité ultra-conservatrice.

Dans l'opposition, le Parti démocrate (Pd) d'Elly Schlein - qui plaide pour un statut inspiré de celui du chancelier allemand - et le Mouvement 5 Étoiles de l'ex-chef du gouvernement Giuseppe Conte sont contre. Au centre, Carlo Calenda et surtout Matteo Renzi, ancien Premier ministre qui avait échoué à faire passer sa réforme, devraient soutenir la cheffe de l'exécutif italien. 

Un contexte tendu entre majorité et opposition

Dans la majorité, la Ligue du vice-Premier ministre Matteo Salvini pousse parallèlement pour des "autonomies différenciées" entre les territoires de la péninsule. Tirant ses racines dans la Ligue du Nord, le parti anti-immigration entend arracher plus de pouvoir et d'indépendance pour les régions septentrionales, beaucoup plus riches que celles de l'Italie méridionale. "L'acharnement de ce gouvernement contre le sud de ce pays est incompréhensible", a tonné le leader démocrate Elly Schlein, pour qui l'autonomie différenciée risque "d'aggraver les inégalités territoriales" déjà criantes.

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Ces consultations interviennent dans un contexte tendu entre majorité et opposition. Lundi 8 mai, le patron du groupe public de radio-télévision Rai, Carlo Fuortes, nommé par Mario Draghi, a annoncé sa démission en raison des pressions exercées selon lui par le gouvernement. Dans un courrier au ministère de l'Économie et des Finances dont il dépend, Carlo Fuortes dit refuser les changements de ligne éditoriale et de programmation qu'il ne "considère pas dans l'intérêt de la Rai".

Pour la gauche, cette démission est le résultat des manœuvres de l'exécutif - le plus à droite qu'ait connu le pays depuis la Seconde Guerre mondiale -, pour placer à la tête du service public de la culture et de l'information des personnalités proches de sa sensibilité politique. Et au-delà, des nominations stratégiques sont en cours à la direction de la police nationale et de la police douanière, enjeux de tractations "peu transparentes", relève le quotidien Corriere della Sera.

La rédaction de TF1info

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