Il est arrivé à La Libre, en horde, accompagné de sa petite amie Jessy (ceinture noire de karaté), de son attachée de presse en Belgique et de son éditeur, en tendant d’emblée un cadeau. Pas une carte de visite, comme c’est la tradition au Japon, mais un sachet rempli de Kit Kat. Chocolat blanc, goût melon. “Le pire de la rencontre entre l’est et l’ouest”, se marre Jake Adelstein, avant de partir se faire photographier au sous-sol.
Un quart d’heure plus tard, posé dans une petite salle et entre deux rasades de café, l’Américain de 54 ans, est aussi à l’aise pour s’épancher que son look, à la cool, le laisse présager. Un pantalon de survet' à trois bandes, des baskets, une chemise à carreaux et une écharpe bleue sous un trench beige. Ce qui ne l’empêche pas d’aborder l’entretien avec sérieux. “Il n’y a rien de pire que d’interviewer quelqu’un qui est hostile. Je sais ce que c’est.” Impossible à nier, ce dernier a baigné trente ans dans une profession dont il est devenu une légende.
Jake Adelstein est devenu le premier journaliste occidental à poser un orteil dans une rédaction japonaise. En 1993, et pas n’importe laquelle. Celle du Yomiuri Shinbun, le prestigieux quotidien conservateur, journal le plus lu au monde. Huit ou neuf millions d’exemplaires vendus par jour à une époque, apparemment révolue. “Pendant longtemps, au Japon, lire le journal était une obligation. Le Yomiuri était aussi très connu, car le groupe détenait une équipe de baseball très populaire. La population vieillit, les jeunes ne lisent plus le journal dans le métro, et la popularité du base-ball est en chute. Au détriment du football.”
guillement“À 18 ans,...
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