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Décider de la dernière scène du théâtre de notre vie
Naïma Hamrouni - Le Devoir -
06/05
Pour Ronald Dworkin, quelqu’un dont la mémoire est dégradée n’est pas étranger à lui-même.
Deux fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés de philosophie et d’histoire des idées le défi de décrypter une question d’actualité à partir des thèses d’un penseur marquant.
Le 16 février dernier, la ministre Sonia Bélanger a déposé le projet de loi 11 à l’Assemblée nationale. Si la loi est adoptée comme prévu, elle permettra aux personnes qui vivent avec le diagnostic d’une maladie menant à l’inaptitude, comme la maladie d’Alzheimer, de formuler une demande anticipée d’aide médicale à mourir (AMM). Alors que des figures majeures de la lutte québécoise en faveur de la demande anticipée accueillent ce projet de loi avec soulagement, d’autres voix s’élèvent pour exprimer leur inquiétude face à l’idée que des personnes devenues inaptes puissent recevoir un soin aussi irréversible et sans appel que celui de l’aide médicale à mourir.
Au-delà des problématiques éthiques et juridiques, la réflexion sur le consentement anticipé met en jeu différentes conceptions relatives à la nature de l’identité personnelle et soulève certaines des questions d’ordre philosophique et métaphysique les plus fondamentales. Qu’est-ce qui fonde notre identité personnelle ? Est-ce simplement notre corps biologique ? Est-ce plutôt la relation mémorielle que nous entr... [Courte citation de 8% de l'article original]
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