Le SEPM, Syndicat des éditeurs de la presse magazine, qui regroupe plus de 500 publications, dont celle de Prisma Media, de CMI France, de Bayard Presse, ainsi que L'Obs, Valeurs actuelles ou Le Point, vient de nouer un accord avec la Sacem, la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, qui depuis cent soixante-dix ans prélève les droits de près de 170 000 auteurs à travers le monde. Ensemble, ils vont créer le premier organisme de gestion collective du droit voisin de la presse en France. Une initiative rendue indispensable par la puissance croissante des Gafa, de plus en plus réticents à rémunérer justement les droits attachés à la création et à la diffusion d'articles, de vidéos et de contenus d'information. Alain Augé, président du SEPM, et Jean-Noël Tronc, directeur général-gérant de la Sacem, expliquent l'ambition et la portée de cette association.
À LIRE AUSSIAttention, écosystème culturel en danger !
Le Point : Pourquoi et comment la Sacem et le SEPM unissent-ils leurs forces pour mieux garantir la juste rémunération des droits voisins ?
Jean-Noël Tronc, directeur général de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem), dans les locaux de la Sacem, le 29 mai 2020. © Eric Garault / Eric Garault / PascoandcoJean-Noël Tronc : Cet accord répond à un enjeu fondamental : le partage de la valeur entre les médias et les plateformes qui, depuis des années, utilisent et monétisent les contenus développés par la presse ainsi que les données qu'ils récupèrent sur les utilisateurs de ces contenus. La crise du Covid-19 a encore amplifié ce phénomène en renforçant la place du numérique dans notre consommation de médias. C'est donc maintenant qu'il faut agir !L'Union européenne a franchi une étape décisive en 2019 en reconnaissant un droit à la rémunération spécifique pour les éditeurs et les agences de presse : un droit voisin du droit d'auteur. Non seulement la France a été le premier pays à transposer ce droit dans sa loi, mais en plus elle a mis en avant la gestion collective comme une solution à privilégier. C'est en effet le modèle de référence en Europe : les organismes de gestion collective (OGC) sont des sociétés de droit privé, à but non lucratif, qui gara...
[Courte citation de 8% de l'article original]