Le Québec et les problèmes constitutionnels: de Charybde en Scylla

Anne-Sophie Robitaille - Le Devoir - 29/04
Les dysfonctionnements du fédéralisme canadien sont profondément enracinés dans l’histoire.

Une fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés d’histoire le défi de décrypter un thème d’actualité à partir d’une comparaison avec un événement ou un personnage historique.

Un vent centralisateur souffle sur la fédération canadienne. Dans le contexte postpandémique, la santé est particulièrement concernée. Les propositions des partis fédéraux relatives à cette compétence exclusive des provinces se multiplient, normes et programmes pancanadiens sont envisagés et les transferts fédéraux demeurent largement insuffisants.

À cela s’ajoutent le refus d’accorder au Québec plus de pouvoirs en immigration ainsi que l’intention d’Ottawa de contester les lois québécoises sur la laïcité et la langue française et d’encadrer le recours à la disposition de dérogation. Bref, les points de tension ne manquent pas. Or, loin de se résoudre par le seul passage du temps, les dysfonctionnements du fédéralisme canadien sont profondément enracinés dans l’histoire.

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Le contexte actuel en rappelle un autre. La Grande Dépression et l’après-guerre avaient jeté les bases d’une ambition centralisatrice d’Ottawa. En 1940, dans son rapport, la Commission fédérale Rowell-Sirois préconise une centralisation fiscale et sociale. Deux ans plus tard, les provinces, y compris le Québec, acceptent de céder temporairement ...
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