Retraites : après le 1er mai, comment syndicats et opposition poursuivront-ils leur combat ?

LCI - 28/04
[VIDÉO] - Ces dernières semaines, syndicats et opposition ont fixé comme seul horizon de leur lutte contre la réforme des retraites la mobilisation du 1er mai. Mais comment comptent-ils poursuivre leur action une fois passée cette échéance ? Explications.

Ces dernières semaines, syndicats et opposition ont fixé comme seul horizon de leur lutte contre la réforme des retraites la mobilisation du 1er mai.
Mais comment comptent-ils poursuivre leur action une fois passée cette échéance ?
Explications.

La gauche et les syndicats espèrent une mobilisation "historique". Après la promulgation du projet de loi réformant les retraites et alors que le gouvernement souhaite tourner la page en ayant dévoilé sa feuille de route des 100 prochains jours, une grande journée d'action est prévue ce lundi 1er mai. Des cortèges doivent s'élancer partout en France pour continuer de réclamer l'abandon de la réforme. Depuis des semaines l'intersyndicale et la Nupes fixent comme seul horizon le jour de la Fête du travail, mais que se passera-t-il ensuite ?

Tout d'abord, ils assurent que cela dépendra de l'ampleur de la mobilisation et de ses conséquences sur le gouvernement, même si ce dernier n'a montré aucun signe ou volonté de plier et d'abandonner sa réforme. Pour l'intersyndicale, le premier des objectifs est de rester unie. "Nous allons nous réunir rapidement après le 1er mai pour définir les suites. La volonté de la CGT et des autres membres de l'intersyndicale, je pense, c'est de rester unis. Unis dans notre refus de cette réforme des retraites et dans notre exigence qu'elle ne s'applique pas", a déclaré la leader de la CGT Sophie Binet dans une interview parue ce vendredi dans le journal Libération. 

Cette dernière continue d'assurer que l'heure n'est pas encore venue de tourner la page des retraites. Idem parmi les branches de son syndicat. "Macron a promis 100 jours pour apaiser, nous lui promettons 100 jours d'actions et de colère", avait assuré la CGT Energie vendredi 21 avril, annonçant notamment "une journée nationale de colère dans l'énergie le 3 mai". D'ici-là elle poursuit ses actions, en coupant le courant dans des mairies ou des stades.

La CFDT va-t-elle abandonner ?

D'autres partagent l'avis de la CGT, comme Solidaires. "On est dans une séquence qui est de la volonté du côté de Matignon de tourner la page mais, nous, on y est pas du tout", a déclaré son co-délégué Simon Duteil, alors que les syndicats seront invités, séparément, à discuter avec la Première ministre Elisabeth Borne à partir de la semaine prochaine. 

Mais les risques de division sont bien présents au sein de l'intersyndicale, notamment du côté de la CFDT. Au moment d'encourager à une forte mobilisation le 1er mai, Laurent Berger avait laissé entendre qu'elle pourrait être le dernier acte de la contestation pour son organisation. "Il est clair que la CFDT ne fera pas des manifestations pendant six mois", avait-il déclaré sur LCI le 11 avril.

Une proposition de loi abrogeant la réforme des retraites étudiée le 8 juin ?

Côté politique, comment poursuivre le combat ? La gauche est suspendue au dernier avis attendu du Conseil constitutionnel sur le référendum d'initiative partagée (RIP), qui sera rendu le 3 mai. Ce même jour, l'Assemblée nationale organisera un débat consacré à "la répression du mouvement social contre la réforme des retraites" à l'initiative des insoumis. Dans sa lutte contre le texte, la Nupes sera soutenue par le groupe Liot. Dans le cadre de sa niche parlementaire qui aura lieu le 8 juin, il prépare une proposition de loi abrogeant la réforme des retraites et une autre réformant le référendum d'initiative partagée.

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Les oppositions devront bâtir leur calendrier jusqu'au 14 juillet, date à laquelle Emmanuel Macron a appelé à dresser un premier bilan de ses "100 jours d'action". "On ne peut pas ne plus rien faire pendant deux mois", s'est accordé à dire le député insoumis Antoine Léaument à Politico. D'ici-là, le président et les membres du gouvernement devraient au moins continuer à être accueillis par des concerts de casseroles à chacun de leurs déplacements.

Justine FAURE

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