Mis sous pression par la ville de Grigny, Coca-Cola arrête de pomper une nappe phréatique de l'Essonne

LCI - 28/04
[VIDÉO] - Grigny a trouvé "un accord de principe" avec Coca-Cola. La commune de l'Essonne demandait à la multinationale d'arrêter de pomper dans la nappe phréatique et de se raccorder au réseau d'eau de la ville. Si cette exploitation est légale, elle nuit à "l'intérêt général", argue le maire PCF.

Grigny a trouvé "un accord de principe" avec Coca-Cola.
La commune de l'Essonne demandait à la multinationale d'arrêter de pomper dans la nappe phréatique et de se raccorder au réseau d'eau de la ville.
Si cette exploitation est légale, elle nuit à "l'intérêt général", argue le maire PCF.

C'est un modèle décrit comme "has been", qui pourrait toucher à sa fin. Un "accord de principe" aurait été trouvé entre la ville de Grigny et l'usine locale de Coca-Cola, a annoncé le maire de cette commune de l'Essonne ce mercredi 26 avril. Depuis plusieurs jours, le maire Philippe Rio demandait au géant américain d'arrêter de puiser de l'eau dans la nappe phréatique pour produire ses boissons, accusant l'entreprise de nuire à "l'intérêt général".

780.000 m³ d'eau pompés chaque année

Depuis son implantation en 1986, l'usine Coca-Cola à Grigny se trouve au-dessus d'une nappe phréatique. Une ressource devenue une mine d'or bleue. Or, pour produire ses bouteilles de Sprite, Coca-Cola ou encore de Fanta, l'usine y puise près de 780.000 m³ d'eau par an, selon une source proche du dossier. Une activité tout à fait légale. Étant propriétaire du terrain sur lequel elle est implantée, l'entreprise a le droit "de disposer librement des eaux de source et des nappes souterraines se trouvant en dessous", pour citer l'explication de la préfecture de l'Essonne, qui rappelait par ailleurs que  "comme l'ensemble des préleveurs d'eau, une redevance est due à l'Agence de l'eau Seine-Normandie". Par ailleurs, le forage de la nappe nécessite des autorisations préfectorales, qui sont "révisées et délivrées régulièrement, et qui peuvent évoluer en fonction de la situation de stress hydrique du territoire, sur décision des services de l'État", comme l'avait noté l'entreprise.

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Mais si ces prélèvements massifs ont été autorisés "après étude des impacts hydrogéologiques", ainsi que l'indiquait la préfecture de l'Essonne, ce modèle est devenu "anachronique" aux yeux du maire PCF de la ville. Si bien qu'il avait fait de la lutte contre ce forage une priorité. Car si Grigny n'a actuellement pas de "problème d'alimentation" en eau - et est "même en surcapacité" selon l'édile - face aux menaces du réchauffement climatique, dont la sécheresse, il était devenu essentiel pour Philippe Rio de "protéger la ressource" en eau au plus vite. "On ne sait pas de quoi demain sera fait", avait-il relevé auprès de l'AFP. 

Ils n'ont pas à toucher à un milieu naturel

Philippe Rio, maire (PCF) de Grigny

Coca-Cola était seul à puiser dans cette nappe phréatique, Grigny étant alimentée en eau par la Seine, explique également le maire. "Il n'y avait pas de conflit d'usage sur la nappe phréatique", souligne-t-il, assurant que la municipalité peut donc "leur fournir de l'eau". "Ils n'ont pas à toucher à un milieu naturel, qu'il faut préserver. Peut-être que dans 20 ans, on aura bien fait de ne pas y toucher." Un "accord de principe" dans ce sens aurait ainsi été trouvé. "Nous sommes en train de créer les conditions techniques" d'un raccordement de l'usine au réseau public de distribution d'eau de la ville, a précisé le maire. 

De son côté, Coca-Cola Europacific Partners (CCEP), l'embouteilleur en Europe occidentale du géant américain des boissons gazeuses, a indiqué dans un communiqué qu'"à ce stade l'accord avec la municipalité est en discussion". L'entreprise dit travailler "avec la municipalité à des modalités pour acheter de l'eau de ville pour une partie" de ses boissons, sans plus de précision.

F.S.

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