Ce qu’il faut voir en salles
L’ÉVÉNEMENTBEAU IS AFRAID ★★★★★
De Ari Aster
L’essentiel
Autoportrait hystérique, épopée dépressive, farce psychotique : le troisième film d’Ari Aster semble irréductible à la question du genre et impose avec une autorité stupéfiante ses visions, son humour et sa violence.
Beau is Afraid est un film où, après Hérédité et Midsommar le tout jeune Aster, 35 ans, semble vouloir ne pas céder aux injonctions (de son fan-club, de l’industrie) et reprendre cette liberté (de ton, de mouvement) qui faisait le génie de ses courts. Ce qui est frappant c’est qu’il organise sa propre émancipation tout en racontant celle d’un gentil quinqua bedonnant terrorisé par le monde qui l’entoure et contraint d’entamer un long voyage jusqu’à… chez lui. Il expose ici une dérive mentale à la manière d’une épopée, il étire les très serrés After Hours et Série noire pour une nuit blanche comme de longs morceaux de caoutchouc. Il déplace le Locataire à l’air libre et rejoue la samba dystopique du Brazil sur une rythmique prog-rock. La maestria éclabousse à chaque plan, mais il semble qu’il est avant tout question ici de raconter intimement un parcours, un cheminement, une quête d’identité - en poussant si possible tous les curseurs dans le rouge.
Beau is afraid est cependant avant tout une comédie. On peut ajouter « noire », « grinçante » ; « freudienne » ou « cauchemardesque » comme le fait son auteur, mais tout y est d’abord conçu pour nous faire marrer. Ça n’empêche pas le film d’être traversée par de visions de pur effrou mais elles agissent comme un contrepoint, une décharge électrique - de la même manière que le burlesque s’invitait dans Midsommar pour en dynamiter le ronron folk-horror.
François Grelet
Lire la critique en intégralitéPREMIÈRE A ...
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