La crise de la quarantaine existe-t-elle vraiment?

Laure Dasinieres - Slate FR - 25/04
Moins bruyant qu'on se le figure, le passage à la quarantaine induit des modulations du mode de vie.

On l'imagine tapageuse, faite de comportements immatures, de voitures de sport rouges, d'amants ou de maîtresses à peine sortis de la fac, de liftings et de sauts à l'élastique. L'entrée dans la quarantaine anime les imaginaires et nourrit les scénaristes de séries télé.

Mais celle que l'on a coutume de qualifier de «crise» semble en réalité plus silencieuse et intime, propice à des changements discrets et à des réflexions profondes. «Je crains que ma “crise” ne soit pas très intéressante d'un point de vue journalistique parce qu'elle est essentiellement intérieure, et ne se traduit pas en actes ou changements spectaculaires», confie ainsi Yann, 43 ans, alors qu'il s'apprête à témoigner de son ressenti de jeune quadra.

En soi, le terme «crise» semble lui-même assez mal choisi pour parler de ce moment charnière: de par son étymologie («krisis» en grec), il renvoie à une rupture imprévisible et spectaculaire, comme un coup de théâtre. Or, il y a précisément quelque chose de socialement attendu, un poids des représentations qui nous amène justement à penser le «40» comme un chiffre-clé.

C'est ce qu'explique la sociologue Véronika Kushtanina, qui a entamé des travaux sur le sujet: «La “crise de la quarantaine” est très ancrée dans les représentations. Ce repère d'âge chronologique semble avoi...
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