Personne ne peut obtenir le Goncourt à deux reprises. Son règlement l’interdit. Le mythique Romain Gary a, pourtant, réussi à berner l’Académie. Cas unique… En 1975, le romancier auréolé du Goncourt en 1956 pour Les Racines du ciel, s’est vu décerner le même prix pour La Vie devant soi. Cette fois, sous le pseudonyme d’Emile Ajar.
Afin d'éviter que l’auteur niçois ne soit démasqué, un homme a accepté d’être son complice et d’endosser le costume de double littéraire. Pour le trouver, Gary n’est pas allé très loin. En allant seulement toquer à la porte de son petit-cousin. “Ce qu’il me demandait était simple. C’était de représenter un gusse qui aurait été l’auteur. Je voyais qu’il était en train d’inventer un personnage. J’avais moyen de lui donner un coup de main et j’ai accepté. C’était trop drôle”, se rappelle aujourd’hui, Paul Pavlowitch, 81 ans, auteur de Tous immortels** chez Buchet-Chastel.
Dans ce récit qu’il a mis dix ans à exhumer, Paul Pavlowitch consigne des souvenirs touchants. L’actrice Jean Seberg, ex-épouse de Gary, devenue son amie, y tient une grande place. Sa trajectoire est exceptionnelle. Originaire d’un petit bled de l’Iowa, l’Américaine fut repérée parmi 18 000 filles par Otto Preminger, avant de devenir une icône de la Nouvelle Vague, adoubée par Godard, mais aussi harcelée par la presse et le FBI. En raison de ses accointances avec les Black Panthers. “Ils ont essayé de la flinguer professionnellement. Et ils ont réussi, car elle s’...
[Courte citation de 8% de l'article original]