Le premier fournisseur de gaz en France, Engie, a écrit à ses abonnés au tarif réglementé pour les préparer et leur proposer une offre relais assez proche, quand ce tarif disparaîtra le 30 juin. Le prix de cette offre, baptisée "Passerelle" et résiliable à tout moment sans frais, sera indexé sur un indicateur de référence calculé par la Commission de régulation de l'énergie (CRE).
Si le tarif réglementé du gaz a commencé à disparaître en 2019, il reste encore en France 2,3 millions de clients d'Engie titulaires de ce type de contrat, sur un marché national qui compte 11 millions d'abonnés. Depuis trois ans, des courriers d'information ont été envoyés aux clients, les derniers courant mars et avril, dont l'un intitulé "Pour tout comprendre" auquel... personne ne comprend rien.
Dès les premiers mots, c'est comme si on ajoutait de la fumée dans le brouillard avec des abréviations, des phrases purement techniques qui posent plus de questions que de réponses, à l'instar de "indices MA2PEG", "moyenne arithmétique", "settlement price" ou encore "cotations journalières". Une énumération de termes agressivement sibyllins moqués ce jeudi par François Lenglet dans sa chronique du matin sur RTL : "Mais quels sont les dingues qui ont pondu ces formules ? C’est aberrant cette histoire ! La page que je viens de vous lire s’intitule "Pour tout comprendre". En stylistique, ça s’appelle une antiphrase." Les Français à qui une équipe de TF1 montre le fameux document dans le reportage en tête de cet article se montrent tout aussi désorientés : "Dites-moi, ce n’est pas simple", "mais c’est quoi ce truc ?"...
Pour comprendre, nous sommes allés sur le site indiqué par Engie. Comme vous pouvez le constater en cliquant sur le lien, tout est en anglais, dépourvu d’explications réellement claires. Nous avons donc contacté le fournisseur de gaz avec cette question simple : quels seront les tarifs en juin prochain ? Selon Céline Regnault, directrice grand public d’Engie, les prix vont dépendre de plusieurs points : "Ils vont dépendre des prix du gaz naturel, ils évolueront aussi en fonction de la consommation du client et de sa commune. C'est pour ça qu'aujourd'hui, nous ne pouvons pas vous donner un ordre de grandeur", répond-elle dans le reportage de TF1.
Pourtant, d’après UFC-Que Choisir, il y aura bien une hausse. Si le calcul était fait aujourd’hui sur la base du kWh, cela représenterait une augmentation jusqu’à 3% : "Ce qui est conseillé, si vous n'êtes pas à l'aise avec l'offre "Passerelle", c'est d'attendre le 1er juillet pour connaitre le prix définitif du kWh. Et ensuite, de comparer, grâce au comparateur en ligne", précise Lucile Buisson, chargée de mission énergie, environnement et transports.
En attendant, si vous voulez changer d’opérateur, rien de plus simple : pas de résiliation de contrat, pas de coupure à prévoir, pas de compteur à changer.
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