VIDÉO - Traditions et business : "Sept à Huit" dans les coulisses du ramadan

LCI - 16/04
[VIDÉO] - On estime aujourd’hui que 5 millions de personnes respectent le ramadan en France. "Sept à Huit" se penche sur les impacts du mois de jeûne sur le quotidien des pratiquants, mais aussi sur le business qu’il génère.

On estime aujourd’hui que 5 millions de personnes respectent le ramadan en France.
"Sept à Huit" se penche sur les impacts du mois de jeûne sur le quotidien des pratiquants, mais aussi sur le business qu’il génère.

Durant le ramadan, un des piliers de l'islam, les croyants sont invités à s'abstenir de boire, de manger, de fumer et d'avoir des relations sexuelles, de l'aube (dès que l'on peut "distinguer un fil blanc d'un fil noir", dit le Coran) jusqu'au coucher du soleil. C'est une période où d'importants dons sont consentis aux mosquées et salles de prières (environ 2500 en France). Les musulmans sont invités à acquitter une aumône pour les pauvres, la zakât el-Fitr. Elle a été évaluée cette année à sept euros par personne, a indiqué le CFCM dans un communiqué.

La France compte entre cinq et six millions de musulmans pratiquants et non-pratiquants, selon plusieurs études sur le sujet (Pew Research Center, Institut Montaigne, Insee, Ined), ce qui fait de l'islam la deuxième religion du pays et de la communauté musulmane française la première en Europe. C’est alors un compte à rebours pour Mina, 43 ans d'origine marocaine et mère de deux enfants, et son neveu Ilyès, 16 ans, tous deux suivis par l'équipe de "Sept à huit", que l'on voit manger des fruits, des gâteaux, des dattes avant l'aube. 

Après le lever du soleil, ils ne pourront plus manger, ni boire, jusqu’à la nuit prochaine. Il en sera ainsi pendant les trente jours, soit jusqu'au 21 avril, cette année. Alors qu’en France, seuls 10% des musulmans prient régulièrement, ils seraient 75% à observer le ramadan. Comment ce jeûne impacte leur vie quotidienne ? Quel business représente aujourd’hui ce mois sacré qui aiguise l’appétit des géants de la distribution ?

De plus en plus plébiscité chez les ados musulmans

Sollicitée dans le reportage de "Sept à Huit" à retrouver en tête de cet article, Mina travaille comme primeur. Ilyès, lui, travaille avec elle en alternance. Et force est de constater qu'exercer un métier debout, tout en respecter le ramadan, s'avère compliqué. Pour maintenir les horaires de sa boutique, Mina et son mari se relaient, l'un l'ouverture, l'autre fermeture. Malgré les contraintes, de plus en plus d'adolescents pratiquent le ramadan en France. Déjà en 2011, une enquête Ifop révélait que le jeûne religieux était suivi par 73% des 18-24 ans.

Selon Ilyès, ce serait même devenu une mode dans son quartier, et tous ses amis font le ramadan. Pour les musulmans, le ramadan, "c'est obligatoire", dit-il devant nos caméras. Le jeûne est prescrit aux musulmans pubères, mais des dispenses sont prévues pour les voyageurs, les malades, les personnes âgées, les femmes enceintes ou venant d'accoucher. Des compensations sont possibles pour les personnes empêchées ou dispensées (jeûne effectué ultérieurement, dons aux nécessiteux...).

La grande distribution surfe sur l'essor

Qui dit plus d'adeptes, dit aussi plus de business. En plein essor, le marché du ramadan est estimé à plus de 400 millions d’euros. Pour fêter chaque soir la rupture du jeûne, les courses alimentaires explosent. Face à l'afflux de clients, la boucherie hallal, filmée dans notre sujet, ouvre 7 jours sur 7. Mais si ce marché est capté à 70% par les commerces communautaires, la grande distribution tente depuis quelques années de grignoter la part du gâteau à coup de promotions et de catalogues plus ou moins explicites. 

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Certaines enseignes osent clairement le mot "ramadan" en couverture, d’autres préfèrent pudiquement "Saveur d’Orient" ou "Mille et une saveurs", à l'aune de ce supermarché filmé avec la moitié de l'aller central dédié au ramadan, proposant de la nourriture ou de la vaisselle. Aucune d'entre elles n'a voulu parler de ce juteux business dans notre reportage. "Je suis étonnée qu'il soit aussi grand", note Mina. "On a l'habitude d'aller dans des épiceries spécialisées, turques, marocaines, orientales... Ce n'est plus un périple pour faire les courses pour le ramadan." Entre la décoration et la nourriture, Mina va dépenser 2000 euros. Une frénésie financière qui profite aussi à des influenceurs, sollicités par des marques pour des placements de produits. Le ramadan s'achèvera comme chaque ...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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