Retraites : la censure serait "une occasion historique de sortir par le haut de cette crise", estime Mathilde Panot

LCI - 14/04
[VIDÉO] - Sur LCI, la cheffe de file des députés LFI se montre confiante avant la décision du Conseil constitutionnel ce vendredi. Elle liste plusieurs arguments qui sont susceptibles de justifier la censure totale du texte. Toute autre décision du Conseil viendrait "empoisonner" le quinquennat, assure l'élue.

Sur LCI, la cheffe de file des députés LFI se montre confiante avant la décision du Conseil constitutionnel ce vendredi.
Elle liste plusieurs arguments qui sont susceptibles de justifier la censure totale du texte.
Toute autre décision du Conseil viendrait "empoisonner" le quinquennat, assure l'élue.

Dans la rue jeudi pour manifester son opposition à la réforme de retraites, Mathilde Panot était l'invitée de LCI, ce vendredi 14 avril au matin. La présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale est revenue sur la décision du Conseil constitutionnel, attendue en fin de journée. Et se dit confiante : "Je crois que nous avons de très bons arguments pour demander une censure totale", lance-t-elle. "Le Conseil constitutionnel l'a déjà fait", avance l'élue, citant par exemple "le budget en 1979" et 2012, année au cours de laquelle "une loi avait été entièrement retoquée pour manque de sincérité et de clarté des débats parlementaires". 

Un mandat "empoisonné" sans censure totale ?

Plusieurs éléments sont avancés côté LFI pour solliciter la censure globale du texte. Mathilde Panot déplore tout d'abord "le véhicule législatif utilisé". En effet, "si le Conseil autorise les gouvernements futurs à utiliser des budgets rectificatifs, qui normalement changent à la marge un budget, pour faire passer une réforme de fond, c'est très dangereux". L'élue du Val-de-Marne poursuit son argumentation : "On nous dit souvent que le 49.3 est constitutionnel", lance-t-elle. "Mais est-ce que ça l'est d'utiliser le 49.3, le 47.1 qui limite les débats, le 44.3, bref... d'utiliser l'ensemble des outils antidémocratiques ?" Le dernier point soulevé concerne la "sincérité des débats", avec une série d'éléments sur lesquels "on nous a menti", estime Mathilde Panot. Elle cite notamment la question des "1200 euros bruts", qui ne concerne au bout du compte qu'un nombre réduit de bénéficiaires.

La députée ne dit pas qu'elle s'opposera à la décision du Conseil, mais estime toutefois que "ce n'est pas parce qu'une loi serait jugée constitutionnelle qu'elle serait jugée juste par les Français". Selon elle, "les gens qui manifestent par millions toutes les semaines dans les rues ne le font pas parce que la loi est inconstitutionnelle, ils le font parce que la loi est injuste. Ce qui se joue dans cette histoire des retraites, c'est quasiment un projet de société", poursuit la parlementaire. 

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Mathilde Panot voit dans les débats actuels autour des retraites une occasion de s'interroger sur le fonctionnement démocratique de notre pays et sur ses institutions. "La question est de savoir quel recours démocratique reste-t-il dans une Ve République qui donne autant de pouvoir à un seul homme", demande la cheffe de file des Insoumis ? "Nous ne sommes pas d'accord avec une Ve République qui permet à un homme seul de décider tout seul contre tout un peuple, et ce n'est pas un scoop de dire ça. Nous voulons une assemblée constituante et la VIe République." À ses yeux, la décision attendue ce vendredi peut modifier le cours du mandat d'Emmanuel Macron. "J'espère que le Conseil constitutionnel va censurer totalement ce texte", lance Mathilde Panot. Cela "donnerait au pays une occasion historique de sortir par le haut de cette crise". 

TD

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