Fonds Marianne contre le séparatisme : ce que l'on sait de l'affaire

LCI - 08/04
[VIDÉO] - Une polémique entoure l'utilisation d'une somme allouée à la lutte contre le séparatisme. Quelque deux millions d'euros du fonds Marianne avaient été mis sur la table après l'assassinat de Samuel Paty. Visée par des critiques, Marlène Schiappa a justifié l'usage des sommes et réfute tout dysfonctionnement.

Une polémique entoure l'utilisation d'une somme allouée à la lutte contre le séparatisme.
Quelque deux millions d'euros du fonds Marianne avaient été mis sur la table après l'assassinat de Samuel Paty.
Visée par des critiques, Marlène Schiappa a justifié l'usage des sommes et réfute tout dysfonctionnement.

Sans doute avez-vous entendu parler ces derniers jours du "fonds Marianne pour la République". D'un montant dépassant les 2 millions d'euros, ce dispositif avait été présenté en avril 2021 par Marlène Schiappa, alors ministre déléguée à la Citoyenneté, six mois après l'assassinat de Samuel Paty par un islamiste radicalisé. Son but : "financer des personnes et associations qui vont porter des discours pour promouvoir les valeurs de la République et pour lutter contre les discours séparatistes, notamment sur les réseaux sociaux et plateformes en ligne". 

Depuis près de dix jours, l'utilisation des fonds suscite critiques et interrogations. Avec en toile de fond le rôle joué ou non par Marlène Schiappa.

Une enquête de presse comme détonateur

Cette "affaire" a débuté par des révélations de France 2 et du magazine Marianne, qui ont enquêté conjointement sur l'utilisation des sommes prévues par ce fonds. La subvention de plus de 355.000 euros octroyée à l'Union des sociétés d'éducation physique et de préparation au service militaire (USEPPM), association choisie par le Comité de prévention de la radicalisation au printemps 2021, focalise l'attention. Chargée de produire un contre-discours républicain sur Internet pour lutter contre la propagande à teneur islamiste, l'USEPPM aurait rémunéré de manière frauduleuse son président et son administrateur, le journaliste Mohamed Sifaoui, aujourd'hui directeur de la communication du club de footb d'Angers. Un possible détournement à hauteur de 120.000 euros environ.

Des membres du bureau de l'association se sont inquiétés de possibles malversations, doutant du travail qui avait réellement effectué grâce à la somme perçue via le fonds Marianne. Ils ont été jusqu'à saisir la justice. Alors qu'une enquête de l’Inspection générale de l’administration a été diligentée, un signalement au Parquet de Paris a été en parallèle effectué.

Pourquoi le nom de Marlène Schiappa est-il cité ?

La représentante du gouvernement a été mise en cause en tant qu'initiatrice du fonds Marianne : elle est suspectée d'avoir contribué à la sélection des associations bénéficiaires et d'avoir potentiellement fait preuve de favoritisme. La proximité entre Mohamed Sifaoui, l'un des dirigeants de l'USEPPM, et préfet Christian Gravel, à la tête du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR) est par exemple mise en avant. Le premier a-t-il profité de l'argent du fonds de manière abusive ? Le second a-t-il aidé l'association à bénéficier d'un large financement ? Ces questions doivent encore être éclaircies. Tout comme le rôle de Marlène Schiappa, dont l'implication dans le choix des bénéficiaires fait l'objet d'interrogations. 

Accusée par des membres de l'opposition d'avoir voulu faire "diversion" en s'affichant dans les colonnes de Playboy, la secrétaire d'État s'est d'abord montrée silencieuse, se gardant de répondre aux mises en cause qui la visaient. Une semaine après la publication des premiers éléments dans la presse, elle a toutefois décidé de se défendre, par le biais d'un communiqué.

Des "allusions sans aucun fondement"

Le secrétariat d'État en charge de l'Économie sociale et solidaire et de la Vie associative a apporté des éléments de réponse et évoqué le 7 avril des "allusions sans aucun fondement" au sujet accusations visant sa responsable. "Affirmer à tort qu’il s’agissait d’une décision ad hominem de Marlène Schiappa est totalement faux et démenti par la procédure, tout comme il est totalement faux de prétendre qu’il s’agirait d’amis de la ministre", peut-on notamment lire.

Il est souligné que l'immense majorité des associations sélectionnées par le fonds Marianne ont justifié d'une "bonne utilisation" des sommes allouées.  Dans le même temps, "des mesures ont été prises vis-à-vis de la seule structure qui n’a pas donné satisfaction", à savoir l'USEPPM. Le secrétariat d'État souhaite désormais que le procureur de la République de Paris puisse "faire toute la lumière" sur l'affaire et mettre en lumière les potentiels dysfonctionnements et détournements qui auraient pu être constatés.

L'un des mis en ...
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