Plan Eau : 4 questions pour comprendre les enjeux autour de cette ressource stratégique en France

LCI - 29/03
[VIDÉO] - Le gouvernement va présenter, jeudi, son plan pour améliorer la gestion de l'eau. Un document qui doit permettre de mieux aborder les difficultés engendrées par les sécheresses et le réchauffement climatique. Alors que seules 44% des masses d'eau de l'Hexagone sont en bon état écologique.

Le gouvernement va présenter, jeudi, son plan pour améliorer la gestion de l'eau.
Un document qui doit permettre de mieux aborder les difficultés engendrées par les sécheresses et le réchauffement climatique.
Alors que seules 44% des masses d'eau de l'Hexagone sont en bon état écologique.

C'est un document très attendu en France, touchée à l'été 2022 par une sécheresse historique, suivie d'une importante sécheresse hivernale. Une situation qui a remis la gestion de l'eau au cœur des débats, provoquant de vives tensions dans l'Hexagone, dont le point culminant a été atteint lors des manifestations contre les méga-bassines de Sainte-Soline où des affrontements entre des militants écologistes et les forces de l'ordre ont fait de nombreux blessés.

C'est dans ce contexte qu'Emmanuel Macron présentera le plan Eau du gouvernement, jeudi à Savines-le-Lac dans les Hautes-Alpes, a annoncé l'Élysée. "Avec le changement climatique, le cycle de l’eau en France a connu d’importantes modifications au cours des dernières décennies", souligne le communiqué, citant notamment la diminution du niveau des nappes phréatiques et le changement du rythme des pluies. TF1info fait le point sur les enjeux autour de cette ressource devenue hautement stratégique.

Quel est l'impact du changement climatique ?

C'est le premier enjeu de ce plan Eau. Selon les experts du climat, dans les prochaines décennies, la France connaîtra entre "moins 10 et moins 40% de disponibilité en eau" en raison du changement climatique lié aux activités humaines. Une situation qui oblige le pays à "penser une sobriété dans l'eau", avait rappelé Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique en janvier dernier. Le plan présenté jeudi va donc "s'occuper de quantité - comment on fait avec moins" et de "qualité - on n'a que 44% des masses d'eau en France qui sont en bon état écologique".

Une nouvelle gouvernance indispensable alors qu'en février, 80% des nappes souterraines de métropole affichaient des niveaux inférieurs à la normale, selon les données du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), contre moins de 50% en février 2022. Une tendance qui devrait se confirmer dans les années à venir avec un rallongement du temps de rechargement de ces nappes souterraines et la multiplication des sécheresses, anomalies qui ne sont plus des événements isolés, mais se répètent à plus brève échéance et avec davantage d'intensité, illustrant les prévisions du Giec sur les conséquences du réchauffement climatique dû à nos émissions de gaz à effet de serre.

Dans leur 6e synthèse, les experts climat de l'ONU, ont d'ailleurs averti que "les années les plus chaudes que nous avons vécues jusqu'à présent seront parmi les plus fraîches d'ici à une génération", entraînant plus de canicules, plus de sécheresse, un assèchement des sols et une évapotranspiration plus importante de l'eau. Face à ces alertes, les associations de défense de l'environnement espèrent qu'Emmanuel Macron confirmera, jeudi, un engagement pris par son gouvernement en 2019 aux Assises de l'eau : diminuer les prélèvements dans les milieux, les nappes, les lacs, les rivières de 10% d'ici 2025 et de 25% d'ici 2035, soit plus de 3 puis 8 milliards de mètres cubes d'eau douce d'économies à trouver.

L'agriculture va-t-elle devoir faire sa grande révolution ?

Dans ce contexte, la tension monte en France autour de l'utilisation de la ressource en eau, et notamment dans le secteur agricole. Les violences et tensions autour des méga-bassines, particulièrement dans les Deux-Sèvres, n'en sont qu'un exemple parmi d'autres, alors que les militants écologistes et une partie du secteur accusent l'agriculture intensive d'accaparer ce précieux liquide. Il faut dire que l'activité est particulièrement consommatrice d'eau. 

Selon les chiffres publiés par le gouvernement, les prélèvements en eau douce en France ont représenté environ 33,5 milliards de m3 par an, soit "15% de la pluie efficace" sur la période 2008 - 2018. Si l'industrie représente 59% des prélèvements, elle en rejette une grande partie dans la nature, lui permettant de contrebalancer ses usages. À l'inverse de l'agriculture, qui consomme presque toute l'eau qu'elle prélève, et représente 45% de la consommation d'eau en France. Son impact est particulièrement important en été, où elle peut représenter jusqu'à 80% de l'eau consommée. 

Le gouvernement doit ainsi trouver des solutions pour ce secteur alors que plus de 40% des volumes de l’irrigation sont concentrés sur la culture du maïs à grains et semences, 20% sur le blé, 7% sur le maïs et les fourrages, 7% sur les légumes frais, 6% sur les vergers et 2% sur les vignes. D'où la volonté du gouvernement de "tendre vers un système plus sobre, plus résilient et mieux concerté", selon le communiqué de la présidence. Des investissements importants pourraient être annoncés jeudi pour aider le secteur à opérer un important virage vers une meilleure utilisation de l'eau.

Quid...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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