En mai 2021, à l’hôpital pour femmes de la Colombie-Britannique, à Vancouver, après une vie de souffrances causées par l’endométriose, Kayla doit subir une opération chirurgicale afin de retirer du tissu endométrial. (Kayla n’est pas son vrai nom; nous userons également de pseudonymes pour désigner d’autres sources citées dans cet article.)
L’infirmière en poste est une femme du nom de Melanie. Dotée d'une voix forte, les yeux maquillés d’une épaisse couche de mascara et des cheveux noirs frisés, elle est âgée d’une cinquantaine d’années. Déjà anxieuse, la patiente s’inquiète lorsque Melanie ne parvient pas à insérer une intraveineuse. L’infirmière échoue plusieurs fois, piquant le bras de Kayla en divers endroits. Elle finit par demander l’aide d’une collègue.
Au cours de l’une des tentatives de Melanie, Kayla se tourne et sent son bras frôler le sein de l’infirmière. Elle balbutie aussitôt quelques mots d’excuse. Melanie éclate alors d’un rire sonore, saisit la main de la patiente et la plaque sur son sein. Le geste surprend et scandalise Kayla.
Plus étrange encore, Kayla demeure inconsciente 12 heures après ces événements, puis dort 18 heures d’affilée à son retour à la maison. Elle est couverte de larges marques et d’ecchymoses.
Cette expérience déroutante prend tout son sens plusieurs mois plus tard, lorsqu’elle reçoit une lettre de l'autorité provinciale des services de santé (PHSA), datée du 26 novembre 2021. «Nous vous écrivons aujourd’hui pour vous informer que nous avons récemment appris qu’une personne embauchée pour fournir des soins infirmiers périopératoires dans le cadre du programme de chirurgie gynécologique de l’hôpital pour femmes et centre de santé de la Colombie-Britannique ne possédait pas de permis d’exercer valide auprès du collège des infirmières et sages-femmes», écrit Cheryl Davies, directrice de l’hôpital pour femmes et centre de santé de la province. (Cheryl Davies a décliné notre demande d’entrevue pour cet article.)
«Cette personne n’est plus employée en chirurgie gynécologique, poursuit la lettre, et la PHSA se penche attentivement sur le cas pour déterminer comment la situation a pu se produire, les défaillances du système qui ont pu y contribuer et les possibles conséquences sur les patients.» Cheryl Davies fait en outre état d'une enquête menée sur l'affaire par les services de police de Vancouver. Elle conclut sur des mots d'excuse pour la détresse que sa lettre pourrait causer.
Et tel est bien l'effet qu'elle produit. L’anxiété de Kayla monte en flèche. Consultant Google, elle obtient rapidement une photo de l’étrange infirmière. Et elle est encore plus alarmée lorsque, recevant son dossier médical et le feuilletant avec son médecin de famille, elle découvre qu’on lui a administré un singulier cocktail de médicaments comprenant notamment du fentanyl.
La femme qui a traité Kayla à l’hôpital pour femmes a porté plusieurs noms au cours des ans, parmi lesquels Brigitte Marier, Brigi...
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