Il n’a vraiment rien du profil de « l’émeutier » vilipendé par les syndicats de police et la Préfecture de police de Paris pour justifier le déchaînement répressif, auquel a donné lieu, jeudi 23 mars, l’imposante manifestation contre la réforme des retraites, à l’appel de l’intersyndicale.
Florian Carol, 29 ans, secrétaire général de la CGT des territoriaux d’Ivry, avait rejoint le défilé à la Bastille, avec une centaine de collègues, avant de remonter le fil d’un cortège festif, combatif, bon enfant. Jusqu’au boulevard Poissonnière, à quelques pas du cinéma Le Grand Rex, où l’ambiance s’est brutalement tendue, avant qu’une charge de CRS ne vienne s’abattre sur les manifestants.
Charge des FDO au niveau du cinéma « Le Grand Rex », quelques poubelles en feu pic.twitter.com/pzNbcDA6mi
— Lucas Burel (@L_heguiaphal) March 23, 2023
« Il y avait des sans étiquette, des gens normaux, qui criaient pacifiquement leur colère. Des familles, des grands-parents avec leurs petits enfants, pas des hordes de casseurs », décrit le syndicaliste. Il recule. Coup de sifflet, deuxième charge, il se retrouve face à face avec les policiers.
L’un d’entre eux lui assène un violent coup de matraque sur le visage. Assommé, Florian s’écroule : « J’étais sonné mais conscient. J’entendais un bruit sourd dans mon oreille. Je sentais le sang couler sur ma joue. Trois policiers, au moins, m’ont piétiné. »
Une équipe de secours le traîne ensuite dans une rue perpendiculaire pour lui prodiguer les premiers soins au milieu des gaz lacrymogènes. Il a fallu une longue demi-heure pour que les pompiers, prévenus mais bloqués, parviennent à le prendre en charge.
Conduit à l’hôpital Lariboisière, il y retrouve six autres blessés. « J’ai été touché à moins d’un centimètre de l’œil. Le médecin qui m’a fait les points de suture m’a dit que je l’avais échappé belle. J’étais à un fil de perdre la vue », souffle le...
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