"La pauvre fille. Mais c'est pas possible. Toutes les heures, je me lève, j'arrive pas à dormir". Nadia est sous le choc, en état de sidération, depuis que son cousin germain Youcef M. a été mis en examen le 25 février dernier pour le meurtre de son épouse Assia. Son corps a été retrouvé découpé en morceaux. "Je vous assure, ça me bouleverse, vous pouvez pas vous imaginer", se lamente Nadia, en pleurs devant les caméras de "Sept à Huit". "Quand je l'ai vu avec son petit, je lui ai dit : 'Youcef, ce serait bien que tu viennes avec ta femme, qu'on se fasse un repas' et après, tu attends que ça vienne de lui. J'en reviens pas, vraiment", poursuit-elle, dans la vidéo en tête de cet article.
Elle était vraiment, comme on dit, une bonne vivante (...) Elle ne serait pas partie sans donner de nouvelles, sans le dire à personne
Haïdar, le cousin d'Assia
Le 13 février dernier, en début d'après-midi, aux Buttes-Chaumont, le grand parc paysager du XIXe arrondissement de Paris, un sac-poubelle contenant le buste et les cuisses d'une femme est retrouvé par des agents municipaux, sous un tas de feuilles et de branches. Très prisé des promeneurs et joggeurs, le parc vallonné qui s'étend sur 25 hectares est immédiatement évacué et fouillé par les policiers. Le lendemain, sur les voies ferrées désaffectées qui traversent le parc, d'autres restes, dont la tête, seront retrouvés, dispersés dans plusieurs autres sacs-poubelle. Grâce à ses empreintes digitales, la victime est vite identifiée : il s'agit d'Assia Matoug, 46 ans, qui était portée disparue depuis deux semaines. Qui aurait pu lui en vouloir ? Et pourquoi un tel acharnement contre cette mère de famille ?
Au chômage depuis sept mois, Assia est une femme sans histoire. Elle s'occupe de ses trois enfants, âgés de 17, 14 et 8 ans, et donne de son temps dans plusieurs associations d'entraide. Depuis dix ans, la famille vivait dans une tour HLM de Montreuil, en banlieue est de Paris. Son cousin Haïdar se souvient de sa bienveillance. "Elle dégage une énergie positive qui attire les gens. C'est quelqu'un qui aime la vie, qui aime sortir. Elle était vraiment, comme on dit, une bonne vivante. C'est pas quelqu'un qui s'enfuit, qui abandonne ses enfants. Elle ne serait pas partie sans donner de nouvelles, sans le dire à personne", témoigne-t-il.
Et pourtant, mardi 31 janvier, son mari Youcef évoque sa disparition sur les réseaux sociaux, avant de se rendre dans un commissariat quelques jours plus tard pour déposer une main courante. Il déclare : "je n'ai pas de nouvelles de mon épouse. Elle fait des braderies donc rentre tard le soir et se lève tôt le matin, mais là, elle n'est pas rentrée. Son téléphone est éteint ; il n'y a aucune raison qui aurait pu faire qu'elle parte". Une enquête est ouverte. Son mari soutient par ailleurs qu'il a appelé sa femme sans relâche, contacté les hôpitaux, et qu'il s'est déplacé à Paris pour la chercher. Mais cet acharnement à la retrouver ne convainc pas sa belle-famille. Haïdar, le cousin, soulève des incohérences dans les propos de Youcef le jour où son épouse s'est volatilisée. "Il a déclaré à la police l'avoir appelé à plusieurs reprises alors qu'à nous, il nous dit qu'il s'était endormi à 21 h et qu'il ne savait pas si elle était rentrée ou pas, donc mon père a eu des soupçons dès le début, depuis le premier jour qu'il l'avait appelé", admet-il.
Mohamed, le père d'Haïdar, est l'oncle d'Assia. Quand il apprend sa disparition, ce retraité contacte le mari et prend des notes de leur conversation. Il le questionne sur le jour de la disparition et s'étonne qu'il ait mis quatre jours à alerter les autorités. "Je ne l'ai pas laissé tranquille. Je l'ai appelé le matin, l'après-midi et le soir. Je lui ai dit : 'raconte-moi'. Il m'a répondu : 'je suis rentré le soir, je me suis endormi'. Et la maman ? 'La maman, elle n'est pas rentrée'. Tu t'es levé le matin, tu l'as trouvé ? 'Non, je l'ai pas trouvé. Je lui ai dit : 'Et la nuit d'avant, et celle d'avant, qu'est-ce tu as fait pendant ces jours-là ?' Il s'est tu. Ses enfants réclamaient leur maman et lui, il leur a raconté une histoire. Il leur a dit : 'elle est chez une collègue malade, elle est en train de l'aider, elle va venir'", détaille-t-il, soulignant que tout le long, Youcef est "déstabilisé".
Quand le corps d'Assia est retrouvé aux Buttes-Chaumont, Nadia s'étonne du détachement de son cous...
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