« Il est plus probable de voir le régime de Kaïs Saïed imploser plutôt que renversé par l’opposition »

LOrientLeJour - 25/03
Mohamed Dhia Hammami, chercheur associé au Maxwell School de l’Université de Syracuse fait le point avec L’Orient-Le Jour sur le déclin démocratique de la Tunisie, considérée au temps des printemps...

Érigée en parangon de la démocratisation post-printemps arabes, la Tunisie fait aujourd’hui l’objet d’une « énorme inquiétude » de la part de Washington, selon Barbara Leaf, sous-secrétaire d’État pour le Moyen-Orient. En cause, le tournant autoritaire pris par Kaïs Saïed depuis son coup de force institutionnel en 2021, lorsque le président tunisien, élu deux ans plus tôt, a gelé les activités du Parlement et s’est accaparé le pouvoir exécutif. Ces derniers mois, le pays a été le théâtre d’arrestations en cascade, d’opposants, de journalistes ou encore d’avocats critiques du chef de l’État. Malgré les protestations notamment du parti d’inspiration islamiste Ennahda, proche des Frères musulmans, et de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), principale force syndicale du pays, rien ne semble pour l’instant pouvoir empêcher le président de mener à bien son projet de refonte institutionnelle. La Constitution qu’il a fait adopter par référendum en 2022 fait peser le risque d’une « dictature sans fin », avertissait alors le juriste Sad...
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