Sur le site internet du groupe de recherche indépendant Gun Violence Archive (GVA), une carte interactive des États-Unis est parsemée de pois rouges. Ceux-ci signalent le nombre record de morts par balle depuis le début de l'année, soit 7.056 en date du 2 mars 2023. Une pluie d'homicides, suicides ou accidents, et déjà une centaine de «mass shootings» –désignation attribuée par le Service de recherche du Congrès américain à tout incident faisant un minimum de quatre blessés ou morts. Depuis le 1er janvier, la violence armée a causé la mort de 37 enfants de moins de 11 ans et de 248 adolescents.
À la suite de chaque tuerie perpétrée au sein d'une école, la vente de cartables pare-balles monte en flèche. Et à chaque fois, un politicien se précipite pour épingler de prétendus problèmes de design qui auraient facilité la tâche du tireur: pas de vitres blindées, trop de portes, trop de points d'entrée et de sortie, trop de visibilité ou même trop d'arbres.
«Les tueries dans les écoles ne sont pas liées à des problématiques de design», tranche le consultant en architecture et ingénierie Justin R. Wolf. «Le problème, ce sont les armes et la remarquable facilité avec laquelle on peut se les procurer en toute légalité dans ce pays –point final.»
Il s'agace cependant de voir la respectée organisation des professionnels de l'architecture, l'AIA (American Institute of Architects), «jouer le jeu de l'extrême droite» en proposant des mesures pour sécuriser les établissements scolaires, à grand renfort de manifestes et de pétitions.
D'aucuns pourraient y lire une démarche opportuniste. Il faut dire que le marché est plein de promesses: quand elle a été la scène d'un drame insoutenable, une école est plus souvent détruite que conservée telle quelle. Avant d'être reconstruite, sous la férule de spécialistes de l'architecture.
Chaque tuerie profite au marché des sacs à dos pare-balles. | Reise Reise via Wikimedia Commons)
C'est le cas de l'...
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