"L'État nous a abandonnés", raconte 'Lobita', une travailleuse du sexe et femme transgenre qui a préféré utiliser ce pseudonyme pour nous livrer son témoignage. Elle déplore l'indifférence des autorités tout en décrivant les aventures qu'elle navigue entre la criminalisation, la discrimination par la société et l'extorsion des mafias de collecte de quotas dont elle est victime. Le 17 février, par le biais d'un communiqué de presse, le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) a exprimé sa « profonde préoccupation » face aux disparitions, enlèvements et décès de professionnel(le)s du sexe au Pérou.
Onusida a assuré que "plus de dix femmes trans et cisgenres ont été assassinées dans le pays jusqu'à présent en 2023 dans des attaques liées à la perception de redevances pour le travail du sexe par des mafias de proxénètes".
Selon Rocío Gutierrez, directrice adjointe de Manuela Ramos, les femmes trans appartiennent à un groupe de la population plus vulnérable à la violence sexiste. « Lorsqu'il n'y a pas concordance entre votre identité de genre et votre sexe biologique, vous contrevenez à l'imaginaire social ; (c'est-à-dire), ce que la société vous a prévu et assigné. Par conséquent, vous vous rendez vulnérable aux sanctions, à la discrimination et, comme dans le cas des femmes trans, à des situations de violence extrême », a-t-elle souligné.
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Ce rejet les amène généralement à être expulsés de leur école ou de leur domicile pour se retrouver dans des situations socio-économiques très précaires. "Cela oblige beaucoup d'entre eux, par exemple, à se livrer au travail du sexe, ce qui (les rend) plus vulnérables aux situations de violence physique et aux cas de fémicide, et où l'origine des violences sexistes n'est pas toujours dans les couples, mais chez les clients », a ajouté Gutierrez.
Cependant, Ángela Villón Bustamante, coordinatrice du Mouvement des travailleuses du sexe du Pérou, a souligné la nécessité de reconnaître le commerce du sexe pour habiliter les travailleuses du sexe, à la fois cisgenres et transgenres, de la loi et les différencier des véritables victimes de l'exploitation, qui sont forcées dans la prostitution par des mafias de trafiquants d'êtres humains.
Ce 8 mars, Journée internationale de la femme, au cours de laquelle le combat pour l'égalité est réévalué, il faut détourner le regard et mettre sur la table les travailleuses du sexe sur lesquelles « s'abat un stigmate social », comme l'a ...
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