Les fonctionnaires français devront-ils bientôt bannir TikTok de leurs téléphones ?

LCI - 01/03
[VIDÉO] - Les États-Unis et plusieurs institutions européennes ont interdit à leurs fonctionnaires d'installer ou de conserver l'application chinoise TikTok sur leurs téléphones. Ce mercredi, le porte-parole du gouvernement a indiqué que la France réfléchissait à faire de même pour ses fonctionnaires.

Les États-Unis et plusieurs institutions européennes ont interdit à leurs fonctionnaires d'installer ou de conserver l'application chinoise TikTok sur leurs téléphones.
Ce mercredi, le porte-parole du gouvernement a indiqué que la France réfléchissait à faire de même pour ses fonctionnaires.

Les fonctionnaires américains, de la Commission européenne et du Parlement européen ne sont plus autorisés à conserver ou à installer l'application TikTok sur leurs téléphones professionnels. En sera-t-il bientôt de même pour les fonctionnaires français ? Le gouvernement y réfléchit, a indiqué ce mercredi 1er mars son porte-parole à l'issue du Conseil des ministres. La société chinoise, propriété de ByteDance, est soupçonnée de transférer des données de ses utilisateurs vers la Chine, où l'État peut avoir accès aux données des entreprises. 

"Qu'il s'agisse du président de la République, de la Première ministre ou des membres du gouvernement, nous disposons de téléphones professionnels qui ne tolèrent pas l'installation de quelque application que ce soit. Aucun téléphone professionnel de ministre n'est équipé de TikTok ou d'autres applications", a souligné Olivier Véran. Dans les ministères régaliens (Défense ou Intérieur notamment), "il a été déjà assuré que, sur les téléphones professionnels des agents au niveau central, il ne puisse pas être installé d'application de réseau social de type TikTok ou autre. Une réflexion est en cours dans d'autres ministères", a-t-il précisé.

On sait que certaines applis ont des 'portes arrière' qui peuvent permettre d'accéder aux données téléphoniques

Agnès Pannier-Runacher

Ce mercredi matin sur Franceinfo, la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher indiquait : "À titre individuel je ne l'utilise pas et je ne l'ai pas sur mon téléphone, car quand on est une personnalité politique, il faut faire attention sur les réseaux sociaux et on sait que certaines applications ont ce qu'on appelle des 'portes arrière' qui peuvent permettre d'accéder aux données téléphoniques." 

Sollicité par l'AFP, le ministère des Armées a rappelé que "ces applications sont interdites sur les téléphones professionnels" des militaires et que des consignes précises ont été diffusées pour l'usage des réseaux sociaux sur leurs appareils privés. "Nous réfléchissons aux moyens de durcir ces règles", a ajouté le ministère.

Une commission d'enquête créée au Sénat

"Concernant des administrations centrales ou territoriales, une commission d'enquête sénatoriale est en cours, présidée par le sénateur Claude Malhuret. Nous attendons aussi des avis de la Cnil (la commission garante des libertés face au numérique) au niveau français et européen pour statuer de manière plus générale", a ajouté Olivier Véran. Les sénateurs travailleront en effet sur le sujet ces prochaines semaines, à la demande de Claude Malhuret (Indépendants), au sein d'une commission d'enquête débutée ce 1er mars sur "l'utilisation du réseau social TikTok, son exploitation des données, sa stratégie d'influence". 

La France souhaite également s'assurer que l'application ne traite pas ses données en dehors de l'Union européenne, ce dont elle n'est pas sûre actuellement. Aussi, le ministre du numérique Jean-Noël Barrot va rencontrer dans les prochains jours les dirigeants de TikTok monde pour en discuter avec eux. L'entreprise s'étant engagée à arrêter de traiter les données des utilisateurs français en dehors de l'UE en 2023, "le ministre va donc demander un calendrier plus précis aux dirigeants de TikTok", a indiqué le ministère de la Transition numéri...
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