C'est un véritable séisme. Quelques jours après une énième prestation décevante contre la Norvège (0-0, 21 février), plusieurs joueuses de l'équipe de France féminine ont claqué la porte à la sélection à cinq mois du Mondial en Australie et en Nouvelle-Zélande (20 juillet-20 août). Ces mises en retrait successives, annoncées par le biais de longs messages sur les réseaux sociaux, visent à obtenir des changements au plus haut niveau du football hexagonal, à commencer par le départ de l'encadrement, régulièrement sous le feu des critiques ces dernières années.
Engluée dans une crise de gouvernance, articulée autour des polémiques entourant Noël Le Graët, la FFF doit désormais faire face à ce coup de force, qui rappelle l'épisode de Knysna, survenu au cours de la Coupe du monde masculine, en 2010. À la différence près que, cette fois, les joueuses ont choisi de se faire entendre avant le coup d'envoi de la compétition. Toujours est-il que le temps presse, d'autant plus, qu'à moyen terme, les Jeux olympiques, en France, approchent (26 juillet-11 août 2024).
Mais avant d'envisager un dénouement potentiel de cette crise, qui pourrait intervenir dès ce mardi 28 février avec la réunion du Comex de la "triple F", il est important d'en situer les différents acteurs, ou plutôt actrices.
Sélectionneuse des Bleues depuis 2017, Corinne Diacre se retrouve, malgré elle, au centre de ce mouvement. Si elle n'est jamais visée nommément, elle cristallise le mécontentement des cadres tricolores. "Corinne Diacre est là depuis six ans, il y a eu des hauts et des bas. [...] Moi, j'ai l'impression que l'on a avancé dans une situation de non-retour", a lancé Jean-Michel Aulas, président de l'Olympique Lyonnais et membre du Comex de la FFF, ce lundi 27 février dans les colonnes de L'Équipe.
Si tu as le malheur de dire quelque chose, tu dégages
Laure Boulleau
Plus que jamais, l'ancienne entraineuse du Clermont Foot (2014-2017) semble sur la sellette, malgré sa récente prolongation de contrat jusqu'en 2024. Son management et sa capacité à gérer les égos au sein du groupe France ne font pas l'unanimité, c'est un secret de polichinelle. Gaëtane Thiney, Eugénie Le Sommer, Amandine Henry ou encore Sarah Bouhaddi, personnalités historiques du maillot bleu, ont toute, chacune à leur tour, fait les frais de l'inflexibilité supposée de la technicienne de 48 ans. Leur mise à l'écart pose également la question des choix de la native de Croix (Nord), aussi imprévisibles que catégoriques, qui ont régulièrement fait couler beaucoup d'encre au cours de son mandat. "Ce que les joueuses reprochent à Corinne Diacre, c’est ce climat très pesant en équipe nationale", a expliqué l'ex-internationale Laure Boulleau, sur Canal + dimanche soir. "En face d’elles, il y a un mur. C’est un peu comme une monarchie, des choses ne se passent pas bien et si tu as le malheur de dire quelque chose, tu dégages", ajoute-t-elle.
Les résultats en demi-teinte que la France a obtenu sous la houlette de la Nordiste (52v, 6n, 6d) sont aussi sources de tensions. Rarement prises à défaut par des nations de second rang, les Bleues peinent face aux cadors mondiaux. Malgré une génération très talentueuse, et largement performante en club, elles n'ont pas atteint la moindre finale dans une grande compétition internationale depuis la prise de fonction de l'ex-joueuse de Soyaux.
De plus, la composition du staff est dans le viseur des joueuses. Il est actuellement composé de trois personnes : Corinne Diacre, Gilles Fouache, entraîneur adjoint en charge des gardiennes de but, et Anthony Grech-Angelini, entraîneur adjoint en charge de la préparation athlétique. Aucune sélection féminine ne possède un staff aussi réduit.
C'est elle qui a allumé la première mèche avec un long message sur les réseaux sociaux. "Je ne peux plus cautionner le système actuel, bien loin des exigences requises par le plus haut niveau", a-t-elle affirmé. "C'est un jour triste mais nécessaire pour préserver ma santé mentale", se désole même la défenseuse française, véritable légende de la sélection et dont la voix porte dan...
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