À 86 printemps, Ken Loach, double palme d’or, n’a rien perdu de sa verve, de son humour, ni renoncé à ses idéaux. Invité début février à l’Écran de Saint-Denis dans le cadre du festival Regards satellites, le cinéaste est venu présenter sept de ses films et a participé à une master class animée par Tangui Perron, histoirien du cinéma, devant une salle comble jusque dans les travées. Un marathon formidable dans le cinéma de Ken Loach, de « Riff-Raff » (1991) à « Sweet Sixteen » (2002) en passant par « la Part des anges » (2012) et « Sorry We Missed You » (2019). Des films qui mettent en scène des hommes, des femmes, des enfants qui, s’ils se heurtent à l’univers impitoyable du capitalisme, trouvent des ressorts dans l’amitié, l’amour et la solidarité. Le cinéma de Ken Loach, c’est une grande claque aux tenants du No alternative ; un pied de nez à la fatalité, au désespoir. Le cinéma de Ken Loach, c’est ce qui rend plus fort et redonne le goût de se battre, de vivre. Et comme Ken Loach est anglais, il ne manque ni d’humour ni de panache. L’humour, chez lui, est une arme de résistance massive. Et contagieuse. On sait que dans la vraie vie, de ce côté de l’écran, la réalité est dure. Le cinéma de Loach, c’est ce qui nous permet de rêver quand on ne rêve plus, d’imaginer un autre monde. Ses documentaires, qui figuraient au programme de cette journée incroyable, en attestent. « Which Side Are You on ? » (de quel côté es-tu ?-1984) et « les Dockers de Liverpool » (1996) sont de formidables témoignages d’hommes et de femmes au combat. La parole y circule, libre, décomplexée, vive. Ces films racontent des luttes ouvrières en Grande-Bretagne, dans l’énergie comme dans la défaite. On y chante des chants d...
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