Le Nyiragongo est l'un des plus dangereux volcans du monde. Les autorités de la République démocratique du Congo, conseillées par les volcanologues, ont lancé l'évacuation d'une bonne partie de la ville de Goma. Les observations font craindre une nouvelle éruption qui pourrait se produire dans le lac Kivu, ce qui pourrait libérer massivement du gaz carbonique tueur.
Vous aimez nos Actualités ?Inscrivez-vous à la lettre d'information La quotidienne pour recevoir nos toutes dernières Actualités une fois par jour.Les volcanologues et les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) s'interrogent sur la fin réelle de l'activité éruptive du stratovolcan qu'est le Nyiragongo. Des phénomènes, comme la forte activité sismique, les fissures dans la ville de Goma et les mesures de déformation du sol dans la région laissent penser qu'elle pourrait reprendre. Mais il est à craindre que, tout comme pour le week-end dernier, aucun signe précurseur n'annonce vraiment l'occurrence d'un épanchement de lave comme Futura l'a expliqué dans le précédent article ci-dessous.
Il y a deux jours, l'inquiétude était déjà grande à Goma. © euronews (en français)
Dans le doute, et devant les risques, le principe de précaution s'impose et ce matin, a été ordonnée l'évacuation presque complète de la ville de Goma qui compte 600.000 habitants. En effet, pour expliquer les manifestations qui s'observent déjà, on peut suspecter la présence de mouvements de magma sous la zone urbaine de Goma et sous le lac Kivu.
Si tel est bien le cas, on peut envisager un terrible scénario catastrophe. On sait en effet que, pour plusieurs raisons, les couches d’eau profondes du Kivu sont riches en gaz carbonique et en méthane. La solubilité de ces gaz et la pression des colonnes d'eau supérieures du lac maintiennent ces gaz en solution et dans les profondeurs.
Une éruption limnique, c'est quoi ? Des explications dans le triste cas du lac Nyos. © meig2401
Mais une augmentation de température provoquée par un épanchement de lave sur les hauts fonds du Kivu pourrait déstabiliser ces eaux profondes et provoquer une brusque libération de CO2 et de CH4. Le CO2 est particulièrement inquiétant parce que l'éruption est dite limnique avec donc libération du gaz carbonique par une brusque décompression des eaux profondes remontant vers la surface, comme ce qu'il s'est passé avec le lac Nyos au Cameroun en 1986 et qui avait fait plus de 1.700 victimes.
Bien que plusieurs scénarios soient possibles dans les jours qui viennent -- comme le montre un communiqué de l'Observatoire Volcanologique de Goma (OVG), partagé sur sa page Facebook --, celui qui serait l'analogue du lac Nyos ferait sans doute bien plus de victimes si l'on ne prenai...
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