L'ambiance n'est pas au beau fixe au sein de La France insoumise. Les membres du mouvement et du groupe à l'Assemblée nationale se divisent depuis plusieurs mois, sur le cas Adrien Quatennens ou la stratégie à adopter au sein du Parlement pour l'examen de la réforme des retraites. Ce jeudi, ceux qui ces dernières semaines dénoncent le manque de démocratie interne au sein de LFI se retrouvent sur scène en Seine-Saint-Denis, quand Jean-Luc Mélenchon le sera à des centaines de kilomètres, à Montpellier.
François Ruffin, Alexis Corbière, Clémentine Autain, Eric Coquerel sont à l'affiche d'un meeting organisé par Raquel Garrido. Ce jeudi à Bobigny, ces têtes d'affiches de La France insoumise, "frondeurs" depuis qu'ils ont exprimé leur désaccord avec les méthodes de la direction, notamment dans la désignation du nouveau coordinateur du mouvement Manuel Bompard, se retrouvent pour parler retraites et démocratie. Alors que le projet de loi réformant les retraites est examiné à l'Assemblée nationale, ils sont également partisans d'accélérer les débats et donc de retirer un nombre important de leurs amendements pour arriver à l'étude de l'article 7, contrairement à Jean-Luc Mélenchon et à ses proches.
Des clivages qui seront donc visibles géographiquement, puisqu'en même temps, l'ancien candidat à l'élection présidentielle sera en meeting à Montpellier. Il s'agit d'ailleurs de la seule réunion publique du jour inscrite à l'agenda du parti sur son site internet, avec celle organisée à Caen en présence de l'eurodéputée Manon Aubry et des membres de la Nupes. En effet, aucune trace du rassemblement insoumis dans le 93.
Est-ce le signe des tensions qui agitent le mouvement ? Selon Le Parisien, Jean-Luc Mélenchon a ajouté ce meeting à son agenda après que la décision de Raquel Garrido d'organiser sa réunion à Bobigny. Interrogée sur la tenue de cette autre réunion dans le sud de la France par Le Monde, la députée de Seine-Saint-Denis répond, sans ajouter d'huile sur le feu : "En effet, jeudi soir sera un multiplex 'insoumis', une grande scène à Montpellier, une autre à Bobigny, c'est un déploiement de force. Je vais jeter un voile pudique sur le fait que le mouvement aurait pu davantage m'aider dans cette circonscription ravie à la droite de haute lutte."
Pourtant, sous couvert d'anonymat auprès du Parisien, un frondeur avoue que "c’est un pied de nez de part et d’autre. C’est dommage, ça divise notre couverture presse. Mais avec [Jean-Luc Mélenchon], tout est manichéen, c’est blanc ou noir, avec ou contre lui. C’est Le Parrain I et II".
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