Guerre en Ukraine : une journaliste russe condamnée à six ans de prison pour "informations mensongères"

LCI - 16/02
[VIDÉO] - Une journaliste russe a été condamnée le 15 février à six ans de prison pour avoir critiqué l’offensive en Ukraine. En mars, Maria Ponomarenko avait publié un post sur Telegram pour dénoncer les bombardements russes à Marioupol.

Une journaliste russe a été condamnée le 15 février à six ans de prison pour avoir critiqué l’offensive en Ukraine.
En mars, Maria Ponomarenko avait publié un post sur Telegram pour dénoncer les bombardements russes à Marioupol.

Un simple post sur une chaine Telegram lui vaut aujourd’hui de la prison ferme. La journaliste russe Maria Ponomarenko a été condamnée mercredi 15 février par un tribunal de Barnaoul, en Sibérie, à six ans d’emprisonnement pour la "diffusion de fausses informations" sur l’armée. 

En cause donc, une publication datant du 17 mars 2022 et postée sur la chaine Telegram "Pas de censure", dans laquelle elle dénonçait le bombardement du théâtre de Marioupol occupé par les soldats russes. Arrêtée à Saint-Pétersbourg dès le mois d’avril puis transférée à Barnaoul, la journaliste de 44 ans, travaillant pour le média en ligne RusNews, était depuis placée en détention provisoire, avec un bref passage au domicile de son ancien mari, selon l’ONG russe OVD-Info. 

Sa condamnation est une traduction concrète d'une loi récente du Kremlin limitant la liberté d’expression en punissant la diffusion d’"informations mensongères" sur le conflit en Ukraine -toujours dénommé "opération militaire spéciale" en Russie. L’amendement, adopté début mars 2022 par la Douma, prévoit diverses peines pouvant aller jusqu'à 15 ans de prison si ces informations, qualifiées de fausses, entraînent des "conséquences sérieuses" pour les forces armées. 

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"La condamnation de Maria Ponomarenko montre qu'en Russie, dire la vérité, dénoncer un crime de guerre et demander justice pour le meurtre de civils, est devenu en soi une infraction grave passible de plusieurs années de prison", a dénoncé Amnesty International dans un communiqué. "Sa condamnation est un exemple de plus de l'injustice et du cynisme des autorités en Russie, qui sont d'une routine troublante."

Devant le tribunal, Maria Ponomarenko a tenu à s’exprimer, rejetant le traitement judiciaire qui lui était infligé. "J'ai le droit de dire le mot 'guerre' parce que je suis jugée selon les lois de la censure militaire." La journaliste a également l’interdiction formelle d’exercer sa profession pendant les cinq ans suivant la fin de sa peine. 

C.Q

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