Déjà délicat, le dossier des retraites se complique davantage encore : mardi soir, la Première ministre Elisabeth Borne a annoncé une nouvelle mesure concernant les carrières longues. Le dispositif, qui concerne un départ sur cinq à la retraite, permet à ceux entrés dans le monde professionnel plus tôt de cesser de travailler avant les autres.
Finalement, le projet de réforme des retraites prévoit de limiter à 43 annuités la durée de cotisation des salariés ayant débuté avant 21 ans, a concédé mardi la cheffe du gouvernement. Mais pour l'heure, le texte laisse entendre que certains devront tout de même cotiser 44 ans. "Je n'y comprends rien", lâche un passant dans le reportage du 13H en tête d'article. Voici ce qu'il faut savoir pour déchiffrer cette annonce.
La réforme des retraites prévoit de décaler l'âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans, tandis que la durée de cotisation pour percevoir d'une pension à taux plein sera portée à 43 annuités d'ici à 2027. Mais certaines personnes qui ont commencé à travailler tôt pourront toujours bénéficier d'un départ anticipé, dans le cadre du dispositif des carrières longues.
Dans le système actuel, ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans peuvent prétendre à un départ dès 60 ans (58 ans s'ils ont débuté avant 16 ans), mais à deux conditions : avoir acquis un nombre minimum de trimestres en début de carrière, et d'avoir cotisé un nombre minimum de trimestres au total. Cette durée de cotisation minimale est comprise entre 42 ans et 44 ans et neuf mois, en fonction de l'âge de naissance du salarié et de l'âge auquel il souhaite partir à la retraite, comme l'indique le site du service public.
La première mouture du projet de loi sur les retraites du gouvernement prévoyait que certains salariés en carrière longue devaient cotiser 44 ans, notamment ceux qui ont eu leur premier emploi entre 16 ans et 18 ans, soit un an de plus que les autres travailleurs. Mais "aucune personne ayant commencé à travailler tôt" ne devait aller au-delà. Par ailleurs, Matignon a ensuite annoncé qu'il acceptait d'élargir le dispositif à ceux qui ont débuté entre 20 et 21 ans, à la demande des Républicains.
Finalement, cette durée de cotisation a été abaissée à 43 ans : "la réforme ne prévoit pas, pour les carrières longues, de durée de cotisation supérieure à 43 ans", a affirmé Elisabeth Borne mardi face aux députés. À deux conditions toutefois, "dès lors qu'est atteint l'âge de départ anticipé" et après "avoir travaillé 4 ou 5 trimestres avant un certain âge", en début de carrière, a-t-elle rappelé.
"Certains d'entre eux devaient travailler 44 ans. Aujourd'hui, c'est 43 ans. Ça résout la petite injustice pour un certain nombre de citoyens", défend ainsi Bruno Fuchs, député MoDem du Haut-Rhin et porte-parole du parti, dans le reportage de TF1. Une mesure exigée depuis des semaines par la droite.
Mais aucune précision supplémentaire n'a été apportée pour le moment. Or, si le projet de réforme reste comme tel, certains salariés concernés par le dispositif devront toujours cotiser 44 ans, même s'ils seront moins nombreux. Comme le texte prévoit des départs anticipés par paliers de deux ans, certaines générations doivent cotiser une année de plus que celles qui les suivent.
En effet, le texte veut par exemple permettre à ceux qui ont commencé à travailler à 16 ou 17 ans de partir à 60 ans, soit quatre ans avant le no...
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