Les opérations de secours se poursuivent en Syrie comme en Turquie, les sauveteurs s'activant pour continuer à trouver des survivants. En parallèle, les associations humanitaires viennent aussi en aide aux personnes qui se retrouvent sans logement alors même que les conditions météorologiques sont particulièrement difficiles dans la zone. Johan Mooij, responsable des interventions en Syrie pour l'ONG World Vision International, explique les actions en cours.
Comment se passent les opérations de secours en Syrie ?
La situation en Syrie est bien différente de celle en Turquie. La zone impactée par le séisme en Turquie est accessible aux secours, le gouvernement coordonne les opérations, il y a de nombreuses équipes de secours qui sont mobilisées pour retrouver des personnes sous les décombres. En Syrie, s'il n'y avait pas de bâtiments très hauts dans la zone impactée, le problème est surtout que toutes les infrastructures élémentaires ont été détruites. Là-bas, il n'y a pas d'électricité, et on rencontre des difficultés d'approvisionnement en eau. Pour le moment, nous nous concentrons sur les principaux besoins des personnes en Syrie, surtout que peu d'ONG parviennent à intervenir dans ce pays en ce moment.
La perte des lignes électriques, des systèmes d'eau a considérablement aggravé les effets du séisme
Johan Mooij
Comment la situation politique dans la région impacte les opérations de secours ?
Le séisme a principalement impacté le nord ouest de la Syrie. C'est une zone normalement difficile d'accès, parce que de nombreux groupes ont leur mot à dire, mais en plus de cela, les principales routes syriennes ont été endommagées du fait du tremblement de terre. La situation s'est désormais un peu améliorée, mais cela a considérablement retardé l'arrivée des secours dans la zone. Cela est pourtant essentiel, car plus on met du temps, moins on a de chance de trouver des personnes en vie sous les décombres.
Une partie de l'approvisionnement médical ou matériel a également été bloquée à la frontière turque. Jusque-là, nous avons utilisé les ressources que nous avions en stock, mais elles ne sont pas nombreuses. Les citernes et les couvertures sont très demandées. Mes priorités sont donc d'obtenir de nouvelles ressources et de répartir celles qui sont disponibles.
Heureusement, l'ONG World Vision International a été dans la zone ces sept ou huit dernières années et les différents groupes de la zone nous permettent de nous concentrer sur notre action humanitaire. Aujourd'hui, nous apportons les premiers soins aux survivants, nous mettons en place des abris pour que les gens puissent se réchauffer parce que le temps est très mauvais en Syrie actuellement. Mais la perte des lignes électriques, des systèmes d'eau et d'égouts a considérablement aggravé les effets du tremblement de terre.
Votre ONG se concentre notamment sur l'aide aux enfants. Comment ceux-ci sont impactés par le séisme ?
Les enfants sont très effrayés par la situation, d'autant qu'ils ne comprennent pas forcément ce qu'il s'est passé et certains craignent qu'un nouveau tremblement de terre se déclare à nouveau. C'est donc une situation assez éprouvante. Nous n'avons pas encore...
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