Séisme en Turquie et Syrie : un chercheur l'avait-il prédit grâce à l'alignement des astres ?

LCI - 07/02
[VIDÉO] - Se présentant comme un chercheur indépendant, un Néerlandais aurait "prédit" le séisme qui a touché la Turquie lundi. Il assure s'appuyer sur l'alignement des planètes pour anticiper les tremblements de terre. Si certaines régions sont jugées plus "à risque" que d'autres, les experts rappellent qu'il est impossible de prédire avec précision ces phénomènes naturels.

Se présentant comme un chercheur indépendant, un Néerlandais aurait "prédit" le séisme qui a touché la Turquie lundi.
Il assure s'appuyer sur l'alignement des planètes pour anticiper les tremblements de terre.
Si certaines régions sont jugées plus "à risque" que d'autres, les experts rappellent qu'il est impossible de prédire avec précision ces phénomènes naturels.

Les nouveaux bilans humains dévoilés ce mardi matin font état de plus de 5.000 victimes en Turquie et en Syrie, des suites des séismes qui ont frappé les deux pays le 7 février. D'une magnitude de 7,8 puis 7,5 sur l'échelle de Richter, ces tremblements de terre ont causé d'importants dégâts matériels, nombre de victimes ayant été prises au piège dans l'effondrement des bâtiments où elles se trouvaient au moment des secousses.

Comme à chaque événement similaire, une même question se pose : aurait-il été possible d'anticiper la catastrophe ? Et donc, d'une manière ou d'une autre, de la prévenir ? C'est que semble suggérer un certain Frank Hoogerbeets, qui se présente comme chercheur indépendant au sein d'un organisme nommé SSGEOS, dédié à l'étude du positionnement des corps céleste et à leur soi-disant influence sur la sismologie. Il y a quelques jours seulement sur Twitter, il indiquait que "tôt où tard", une magnitude de 7,5 serait enregistrée dans la zone où s'est produite la catastrophe naturelle. Méfiance toutefois : les experts sont très clairs et rappellent qu'anticiper avec précision la survenue d'un séisme n'est pas possible. 

Des événements jugés prévisibles, mais pas prédictibles

Le message de Frank Hoogerbeets, présenté comme prémonitoire, a été très massivement relayé après le séisme qui a frappé la Turquie et la Syrie. Il a été consulté plus de 45 millions de fois, donnant aux activités de ce Néerlandais une exposition sans précédent. Ce chercheur, commentent des internautes français, "inclut l'influence des planètes et de la Lune dans ses calculs" et avait déterminé "presque parfaitement l'emplacement de l'épicentre et la magnitude". 

Faut-il pour autant en conclure que l'observation des astres pourrait nous permettre de devancer le déclenchement des tremblements de terre ? Plusieurs éléments nous mettent en garde et incitent à la prudence. Tout d'abord, on constate que le SSGEOS dont se réclame Frank Hoogerbeets n'affiche aucun des liens habituels noués avec des structures de recherche, pas plus qu'avec des établissements universitaires partenaires. Dans le même temps, on observe que l'organigramme de ce SSGEOS n'est pas rendu public, et qu'aucun élément ne permet d'attester des travaux ou des diplômes du prétendu expert néerlandais. Dernier détail plus que troublant : la présence d'un onglet dédié aux "dons" sur le site Internet, avec un renvoi vers la plateforme PayPal. Aux antipodes des méthodes de financement qui sont d'ordinaire celles des entités qui diligentent des recherches sérieuses.

Les experts confirment d'ailleurs que l'alignement des astres ne permet pas d'anticiper un séisme. Pas plus que d'autres techniques d'ailleurs, puisque ces phénomènes restent très largement imprévisibles. "On ne pourra ne jamais prédire la date d'un séisme, mais on l'attend", confie à TF1info Romain Jolivet, professeur des universités au département de Géosciences de l'École normale supérieure (ENS). Il souligne que "la Méditerranée est une région très sismique en général", puisque l'on déplore "des séismes destructeurs en Italie, dans les Balkans ou encore en Grèce". Ainsi, l'attention se focalise sur des zones précises, qui concentrent les risques, à l'instar de "la région d'Istanbul qui se situe tout près de la faille nord anatolienne". Une vigilance qui ne signifie pas que des prédictions précises soient possibles : "On attend ...
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