Pérou: pauvreté, frustration et mépris, les Andes oubliées par la capitale

AFP - - LaLibre - 05/02
Avançant mètre par mètre, pieds nus dans la terre noire, Ruben Gutierrez Escobar, 63 ans, dos courbé, laboure à la houe son champ de maïs. Nous sommes à Bella Vista,

Avançant mètre par mètre, pieds nus dans la terre noire, Ruben Gutierrez Escobar, 63 ans, dos courbé, laboure à la houe son champ de maïs. Nous sommes à Bella Vista, près de Cuzco dans le sud du Pérou, à 3.500 mètres d'altitude dans les Andes. Pas de tracteur, pas de fertilisants. Uniquement de "la sueur, du travail et des sacrifices".

"Lima nous oublie complètement", dit-il.

Les troubles au Pérou, qui ont fait 48 morts depuis décembre, sont aussi le reflet de l'énorme fossé entre la capitale Lima et les Andes, d'où sont originaires une grand majorité des protestataires qui réclament la démission de la présidente et de nouvelles élections.

La crise a débuté après la destitution et l'arrestation le 7 décembre du président de gauche Pedro Castillo, d'origine amérindienne et andine, accusé d'avoir tenté un coup d'Etat en voulant dissoudre le Parlement qui s'apprêtait à le chasser du pouvoir. La vice-présidente Dina Boluarte l'a alors remplacé.

Ruben fait partie de ce Pérou pauvre "oublié de Lima". Il se lève à 3h du matin pour s'occuper de ses cinq vaches et sept brebis, puis travaille au champ jusqu'au coucher du soleil, cultivant pommes de terre, haricots et maïs, pour la consommation de son foyer. Il se couche vers 22h.

Il gagne 20 ou 25 soles (environ 6 dollars) par jour en vendant "5 ou 10 +petits+ litres de lait". "On manque de tout. Ca ne rapporte presque rien. On n'a jamais une bonne récolte pour bien vivre".

- Mines d'or et pauvreté -

Mines d'or, cuivr...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...