Sociologue de formation, Édith Maruéjouls a travaillé sur les questions liées au genre et aux relations femmes-hommes, avant de soutenir une thèse en géographie sur la mixité dans les espaces de loisir. En 2014, elle a créé l’Atelier recherche observatoire égalité (Arobe), pour conseiller les établissements scolaires et les collectivités territoriales dans l’aménagement de lieux collectifs, afin de les rendre moins discriminants.
Dans les cours de récréation, à peine 10 % d’élèves (en grande majorité des garçons) occupent 80 % de l’espace. Les autres élèves se trouvent relégués en périphérie et restreints dans leurs déplacements, tandis que les jeux de ballon monopolisent l’espace central.
Ce phénomène se retrouve dans l’espace médiatique qui est saturé par les compétitions et les performances masculines, particulièrement au football. Alors qu’il y a quelques semaines se tenait la Coupe du monde au Qatar, qui se souvient que les footballeuses américaines l’ont remportée deux fois consécutives ? (en 2015 et 2019 – NDLR).
Quand on s’intéresse à ce qui distingue l’apparence des filles et des garçons, c’est d’abord le vêtement physique qui apparaît. Les filles portent des jupes et des robes, alors que cela apparaît comme un interdit pour les garçons, tout comme le fait de se maquiller, de se parer de certains bijoux, etc. Du point de vue vestimentaire, les garçons ont un champ plus restreint. On peut alors imaginer que leur suroccupation de l’espace est une attitude sociale qui vient compenser cet interdit.