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Les fous se prennent-ils vraiment pour Napoléon?
Clément Guillet - Slate FR -
25/05
Le délire est l'un des symptômes de la société, surtout dans les périodes troubles. «Napoléon est une part de nous», déclarait Emmanuel Macron lors de la commémoration du bicentenaire de la mort de l'empereur. Ce qui est d'autant plus vrai dans les hôpitaux psychiatriques? C'est un...
Temps de lecture: 5 min
«Napoléon est une part de nous», déclarait Emmanuel Macron lors de la commémoration du bicentenaire de la mort de l'empereur. Ce qui est d'autant plus vrai dans les hôpitaux psychiatriques? C'est un lieu commun de penser aux fous peuplant les asiles déguisés en Napoléon et se prenant pour lui. Bicorne sur la tête, main dans le veston et délire mégalomaniaque en bandoulière, le patient souffrant de «napoléonite aiguë» est une allégorie de la folie, une image d'Épinal qui a la vie dure.
«J'entends Shakira et Beyoncé qui me disent qu'elles veulent mon corps. Je les sens qui se frottent contre moi», me rapportait Martin*, 32 ans, un de mes patients souffrant d'hallucinations dues à la schizophrénie. «Mais de l'autre côté, il y a aussi les voix de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy qui m'interdisent de passer à l'acte.» Si aujourd'hui la folie napoléonienne ne hante plus les asiles, le délire psychotique intègre parfois célébrités et hommes politiques.
En 1816, le psychiatre Esquirol écrivait déjà que «l'influence de nos politiques a été si... [Courte citation de 8% de l'article original]
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