Quatre ans et demi après les faits, l'affaire repassera devant la justice. Alexandre Benalla est rejugé, à partir de ce vendredi 27 janvier, pour des violences commises place de la Contrescarpe à Paris, le 1er mai 2018. Des faits qui lui avaient valu un an de prison ferme en première instance. L'ex-chargé de mission à l'Élysée, coiffé d'un casque de police, alors qu'il assistait à la manifestation comme "observateur" aux côtés des forces de l'ordre, est accusé d'avoir molesté trois hommes et deux femmes.
L'audience pourrait toutefois être reportée, car l'homme de 31 ans, aujourd'hui reconverti dans le privé, déposera une demande de renvoi pour "motif personnel", a indiqué à l'AFP l'une de ses avocates, Jacqueline Laffont.
Le "Benallagate" avait éclaté au grand jour le 18 juillet 2018, après son identification par le journal Le Monde sur une vidéo, où il brutalisait un couple place de la Contrescarpe. Celui qui était à 26 ans au cœur du dispositif de sécurité du président de la République avait été suspendu pendant 15 jours, mais avait toujours un bureau au sein du "Château", révélait le quotidien. L'article avait déclenché un séisme politique dont les répliques avaient secoué pendant des mois le pouvoir d'Emmanuel Macron, au rythme des révélations de la presse et des auditions devant les commissions parlementaires.
En première instance, Alexandre Benalla avait écopé de trois ans de prison, dont un ferme, sous bracelet électronique, de l'interdiction d'occuper un emploi public pendant cinq ans et d'une interdiction de port d'arme pendant dix ans. À l'audience, il avait nié la quasi-totalité des faits reprochés, affirmant avoir agi "par réflexe" citoyen, mais n'hésitant pas "à donner des explications absurdes et irresponsables", selon le jugement du tribunal correctionnel de Paris.
Son acolyte Vincent Crase, à l'époque chargé de la sécurité au parti En Marche (aujourd'hui Renaissance), figurera lui aussi à nouveau sur le banc des prévenus pour "violences en réunion", "port prohibé" d'une matraque télescopique et "immixtion dans une fonction publique" pour avoir participé de façon illégale à l'interpellation de trois personnes. Il lui est aussi reproché d'avoir obligé l'une de ces personnes à effacer une vidéo prise avec son téléphone portable. Ami de longue date de Benalla, l'ex-gendarme réserviste de 49 ans avait été condamné à deux ans de prison avec sursis et à une interdiction de port d'arme. "Il a agi pour protéger l'ordre public et donc il sollicitera sa relaxe", a indiqué à l'AFP son avocat, Me Robin Binsard.
En plus des cinq victimes présumées des violences en réunion, deux syndicats de police se sont constitués parties civiles, ainsi que l'ex-chef de cabinet de l’Élysée François-Xavier Lauch et le journaliste-militant Taha Bouhafs, auteur de la vidéo qui avait déclenché l'affaire Benalla, dont la constitution de partie civile avait été jugée irrecevable en première instance.
Devant la cour d'appel, Alexandre Benalla devra aussi répondre à nouveau de "faux, usage de faux en écriture et usage public sans droit d'un insigne" pour avoir continué à voyager avec des passeports diplomatiques, après son licenc...
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