Joseph Conrad : « Typhon », ou la tempête intérieure

Atlantico - 23/05
« Joseph Conrad (1857-1924) fut enfant et adolescent polonais, marin naviguant sur des bâtiments français, capitaine dans la marine marchande anglaise, et enfin l’un des plus grands romanciers de tous les temps ». En cette fin mai, les éditions Autrement publient dans leur collection de poche Typhon, de Conrad ; traduction signée Odette Lamotte, préface Mathias Enard, Prix Goncourt 2015. Ceux qui n’ont pas encore lu ont de la chance : ils vont adorer.

L’ouragan comme métaphore du destin : à quoi servent la fortune et le vernis des civilisations quand la catastrophe menace de broyer nos vies ?  Telle est la question posée par Joseph Conrad dans « Typhon », (courte) fiction et grand texte de la littérature mondiale réédité ces jours-ci aux éditions Autrement. « Fondées il y a 35 ans par Henry Dougier, les éditions Autrement -cédées en 2010 à Flammarion- ont créé 40 collections et publié plus de 2 500 auteurs. (Le Figaro/2010)

La version française de Typhon est signée Odette Lamolle, qui a traduit dix romans de Conrad pour les éditions Autrement (un ami d’Henri Dougier lui avait adressé tous les textes de Conrad qu’avait traduits-pour le plaisir- Odette Lamolle. Enthousiasmé, le fondateur-président des éditions Autrement publia  ces travaux, soit les dix livres de Conrad traduits par Odette Lamolle :« Il arriva à la nouvelle traductrice de  Conrad de faire quelques concessions au caractère de la langue française, laquelle penche, comme on sait, vers les concepts davantage que vers les émotions. Or, chez Conrad, tout est affaire de climat et de tempérament, rarement d’idées. N’empêche : le travail d’Odette Lamolle est mieux que bon » déclara  Pierre Lepape (critique-écrivain au Monde des Livres).

Fascinée par Conrad comme le furent tous ses traducteurs-dont le Prix Nobel   de littérature, André Gide- la Française passa toute son existence à chercher le mot juste, l’idée la mieux- disante pour servir avec un maximum de soin la version française de « son » romancier. (« Conrad parlait français avec un bon accent provençal ; et l’anglais avec un accent horrible qui m’amusait beaucoup", déclara  l’académicien Paul Valéry (1871-1945). « Etre un grand écrivain dans une langue que l’on parle si mal est une chose éminemment originale », ajouta-t-il.

« La chaleur ici est considérable », écrivait, parce qu’il ne savait  jamais quoi dire à ses parents- le capitaine MacWhirr. Naviguant sur toutes les mers du globe, il leur adressait  ce genre de reportage climatique. Et considérant qu’il accomplissait ainsi son ...
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