Guerre en Ukraine : la maintenance, l'autre enjeu des livraisons d'armes

LCI - 21/01
[VIDÉO] - L'Ukraine ne cesse de demander à ses alliés de lui fournir des chars lourds pour lancer sa contre-offensive. Une demande restée lettre morte, les Occidentaux mettant notamment en avant les difficultés de maintenance.

L'Ukraine ne cesse de demander à ses alliés de lui fournir des chars lourds pour lancer sa contre-offensive.
Une demande restée lettre morte, les Occidentaux mettant notamment en avant les difficultés de maintenance.

C'est une demande sans cesse répétée par Volodymyr Zelensky à laquelle les alliés de Kiev peinent à répondre. Le président ukrainien réclame aux pays occidentaux des chars lourds afin de donner un nouveau souffle à ses hommes face aux troupes russes. "Nous devrons encore nous battre pour la fourniture de chars modernes, mais chaque jour, nous rendons plus évident le fait qu'il n'y a pas d'autre solution que la prise d'une décision concernant les chars", a-t-il encore affirmé dans une vidéo diffusée vendredi soir.

Réunis en Allemagne plus tôt dans la journée, les alliés de l'Ukraine ont annoncé une aide matérielle supplémentaire, avec de nouvelles livraisons d'armes, mais ne sont pas parvenus à s'entendre sur celle de chars lourds. Les États-Unis, par exemple, vont livrer plusieurs dizaines de véhicules blindés légers, tout en refusant toujours de fournir des armes plus puissantes, comme les Abrams. En cause, notamment, des questions de maintenance.

"Le char Abrams est un équipement très compliqué. Il est cher, il requiert une formation difficile, il a un moteur d'avion à réaction. Je crois qu'il consomme 11 litres de kérosène au kilomètre", a justifié Colin Kahl, sous-secrétaire à la Défense pour la stratégie. "Ce n'est pas le système le plus facile à entretenir", a-t-il souligné, précisant que les États-Unis n'ont jamais livré d'armes que les Ukrainiens "ne peuvent réparer, ne peuvent entretenir."

La France insiste sur "le maintien en condition opérationnelle" des armes envoyées

Même son de cloche du côté des Allemands. Selon plusieurs médias américains et allemands repris par l'AFP, le gouvernement du chancelier Olaf Scholz refuse de livrer ses chars de combat Leopard à Kiev tant que Washington n'en aura pas fait autant avec ses Abrams.

La France n'est pas en reste. Avant de livrer des chars Leclerc, une arme réclamée par Kiev et dotée d'un canon d'une portée de 4000 mètres qui peut tirer jusqu'à six obus par minute tout en roulant, le ministre de la Défense Sébastien Lecornu a listé plusieurs critères à respecter. Parmi eux, "la garantie de leur maintien en condition opérationnelle", a-t-il insisté en début de semaine au Sénat. "Ce point est particulièrement sensible pour les chars Leclerc", qui ne sont plus produits depuis 2008.

Depuis le début de la guerre, le 24 février 2022, la maintenance des équipements envoyés à l'Ukraine figure au premier plan des échanges internationaux. "Il ne s'agit pas seulement d'ajouter plus de systèmes de défense antiaérienne, plus d'armes, mais aussi de s'assurer que les systèmes et les armes déjà fournis fonctionnent comme ils le devraient", déclarait début janvier Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'Otan. "Nous devons également nous assurer que nous fournissons les munitions nécessaires, les pièces de rechange et la maintenance des systèmes qui sont déjà fournis."

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Des propos similaires à ceux tenus fin décembre par Sébastien Lecornu, qui considérait "la maintenance de ce qui a été déjà donné à l'Ukraine" comme "tout aussi importante que les nouveaux équipements". En ce sens, le groupe franco-allemand KNDS - regroupant l'allemand KMW et le français Nexter - a ouvert en novembre dernie...
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