Ils se veulent porteurs de la "vérité". Mais gravitent autour des sphères russes de pouvoir. De nombreux Occidentaux, auto-proclamés journalistes, couvrent la guerre en Ukraine via leur chaine YouTube, compte Telegram ou autre blog. Et viennent représenter la parole européenne sur les plateaux télé et dans les studios des radios russes. Mais qui sont-ils réellement ? À quels réseaux appartiennent-ils ? Nous avons cherché à en savoir plus.
Le plus ancien d'entre eux est sans aucun doute Thomas Röper. Résident à Saint-Pétersbourg depuis 20 ans, ce dernier est présenté comme un "expert" occidental dans les médias russes où il intervient, sinon comme un journaliste du prestigieux quotidien Der Spiegel. Sur sa page YouTube ou sur la chaine Russia Today, l'homme vante à longueur d'interview sa "vision" du conflit, assurant par exemple n'avoir jamais entendu "aucune plainte spécifique contre les soldats russes". Pourtant suspectée de multiples exactions, l'armée de Poutine a notamment été accusée par l'ONU d'utiliser le viol comme une "tactique délibérée".
"Beaucoup se plaignaient au contraire des soldats ukrainiens, (…) disaient qu'ils ont tiré sur des civils, volé et ainsi de suite", rétorquait alors le citoyen allemand au micro de la chaine aujourd'hui interdite de diffusion dans l'Union européenne. Sans se démonter, le blogueur y a d'ailleurs relayé foule d'autres rumeurs largement démenties, comme celle du massacre de Boutcha, qui serait selon lui une mise en scène des Ukrainiens.
Cette vision, il la partage avec l'une de ses compatriotes, Alina Lip. À la tête de la plus grande chaîne Telegram germanophone de propagande russe, la jeune femme tient également un blog appelé "Nouvelles de Russie". Caméra à bout de bras, elle se filme sur le terrain et évoque son quotidien sur place, dans des vidéos à destination de l'Allemagne dont le Kremlin ne trouverait rien à redire.
Parfois invitée des plateaux télé, Alina Lipp n'y est cependant pas aussi active que Graham Philipps. Ce "journaliste" britannique intervient régulièrement dans une émission baptisée "Antifake", diffusée sur la chaine publique Rossiya-1. Un programme qui donne lieu à des scènes étonnantes dans lesquelles les médias occidentaux sont accusés de diffuser une "réalité parallèle". Dans un russe très approximatif, Graham Philipps y a par exemple affirmé que "les médias occidentaux mentent et trompent". De quoi ravir son auditoire.
Comme ses voisins, la France est elle aussi représentée dans cette mouvance. Son dernier ambassadeur ? Adrien Bocquet. Présenté par les agences de presse russes comme un "expert" ou un "journaliste", il est surtout connu pour être un menteur compulsif. Ces derniers mois, il a été épinglé après s'être dit témoin de crimes de guerre commis par les forces ukrainiennes à Boutcha, alors même qu'il ne s'y était jamais rendu. Face à ces accusations, et pour prouver sa bonne foi, il n'avait pas hésité à publier une photo de lui, prise sur place selon ses dires. Un cliché qui n'était rien d'autre qu'un photomontage. Banni des médias français, il se trouve désormais en Russie, où il a demandé l'asile politique et la citoyenneté russe.
Avant lui, une certaine Christelle Néant avait déjà emprunté le chemin sinueux de la désinformation. Née en banlieue parisienne, elle a longtemps habité au Luxembourg avant de se rendre dans le Donbass, en 2016. C'est là qu'elle a ouvert une chaine YouTube, "Donbass Insider", où elle promeut une "informatio...
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