Ce jeudi 19 janvier parviendra-t-il à mobiliser de manière historique ? Face au projet de réforme des retraites du gouvernement, qui prévoit notamment de reporter l'âge légal de départ à 64 ans, les syndicats font front commun. Toutes les organisations ont appelé à manifester ce jeudi pour tenter de faire reculer l'exécutif, qui vante une réforme "nécessaire" et "juste". Ces dernières décennies, les Français sont descendus dans la rue à plusieurs reprises pour lutter contre la politique du gouvernement. Des grandes mobilisations aux résultats variés.
C'est un exemple souvent cité par les responsables syndicaux pour illustrer leur démonstration de force. En 1995, pendant plusieurs semaines, trains et métros sont paralysés pour protester contre le gouvernement d'Alain Juppé. À l'époque, le Premier ministre présente "un plan de redressement de la Sécurité sociale" qui prévoit notamment d'aligner les régimes de retraites des fonctionnaires et des agents de services publics sur celui des salariés du privé.
Le 12 décembre, la mobilisation est massive. Un million de personnes descendent dans la rue selon la police, deux millions selon les organisateurs. Face aux rassemblements et plusieurs jours de grèves, Alain Juppé finit par céder, et renonce aux mesures sur les retraites.
De février à début juin 2003, une série de grèves et de manifestations mobilisation la fonction publique contre une réforme menée par le Premier ministre de l'époque, Jean-Pierre Raffarin et son ministre du Travail, François Fillon. Cette réforme vise à aligner en partie le régime de retraite des fonctionnaires sur celui du privé, tandis que la durée de cotisation nécessaire pour obtenir une retraite à taux plein doit être portée progressivement à 40 ans. Des centaines de milliers de personnes se mobilisent, et les manifestations du 13 mai rassemblement un à deux millions de Français. Malgré cette mobilisation, la réforme est adoptée.
Trois ans plus tard, le Premier ministre Dominique de Villepin propose de créer un nouveau contrat de travail - le Contrat première embauche (CPE) - pour faire reculer le chômage des jeunes, alors de 24%. Ce dispositif permet aux employeurs d'embaucher un salarié de moins de 26 ans en CDI, mais avec une période d'essai de deux ans, durant laquelle il peut le licencier sans motif.
Organisations lycéennes et étudiantes et certains syndicats s'unissent pour lutter contre ce projet, et jusqu'à trois millions de personnes descendent dans la rue en mars 2010, selon les organisateurs. Le CPE est adopté par 49.3, mais le président Jacques Chirac suspend immédiatement son application. Le dispositif est finalement abandonné en avril, face à la fronde.
Peu après l'élection de Nicolas Sarkozy, son Premier ministre, François Fillon, lance la première réforme des retraites du quinquennat. Celle-ci vise les régimes spécifiques des agents des services publics et les professions à statut particulier (clercs et employés de notaires) et doit faire passer progressivement leur durée de cotisation à 40 ans.
La plupart des syndicats s'y opposent et une première grève massive de 24 heures se déclare le 18 octobre 2007, notamment dans les transports publics et à EDF-GDF. Par la suite, des grèves illimitées et reconductibles sont déclenchées toutes les 24 heures à l'appel d'une majorité de syndicats à la SNCF et à la RATP, rejoints le lendemain par des agents EDF-GDF. Les grèves durent jusqu'au 22 novembre. Malgré ces fortes perturbations, la réforme est adoptée, les syndicats parvenant malgré tout à négocier des mesures salariales de compensations dans les entreprises concernées.
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