C’est à vous dégoûter de la communication politique. Les ministres ont beau se relayer sur les plateaux de télévision, réciter sans faillir leurs éléments de langage, les électeurs ne veulent rien entendre. Seuls 29 % des Français soutiennent le recul de l’âge légal à 64 ans, selon un sondage Ifop publié ce lundi.
Depuis plusieurs mois, et plus encore depuis les annonces du 10 janvier, les ministres ont pourtant puisé avec méthode dans le petit bréviaire de propagande à l’usage des gouvernements libéraux.
La première ministre a ouvert le bal, lors de la présentation de la réforme, le 10 janvier. « C’est pour le préserver que nous devons faire évoluer le système de retraite ! » martèle Élisabeth Borne, estimant que « laisser accumuler les déficits serait irresponsable ». Dans la foulée, le ministre de l’Économie en ajoute une couche : « Ce régime accusera 13,5 milliards d’euros de déficit en 2030, assure-t-il. C’est un problème grave. » Rapporté au PIB, le trou tant redouté paraît bien plus supportable. Selon le Conseil d’orientation des retraites (COR), le déficit du régime oscillerait entre 0,5 et 0,8 point de PIB seulement, jusqu’en 2032 (1). Et le COR de préciser que ces projections « ne valident pas le bien-fondé des discours qui mettent en avant l’idée d’une dynami...
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