Le jeudi 19 janvier marquera le début de la mobilisation contre la réforme des retraites, avec une série de mobilisations annoncées partout en France. Si les syndicats sont unis pour afficher leurs contestations, ils reçoivent aussi le soutien d'une partie de l'opposition, à commencer par la France insoumise. Le député Alexis Corbière, invité ce samedi 14 janvier sur France inter, s'inscrit dans la lignée des autres représentants de son mouvement et appelle le gouvernement à reculer.
Parmi les arguments utilisés pour contester un relèvement à 64 ans de l'âge légal de départ, l'élu de Seine-Saint-Denis invoque une conséquence directe de la réforme. Le nombre de bénéficiaires du RSA, assure-t-il, serait poussé à la hausse. Il se base, pour l'affirmer, sur la précédente réforme ayant touché à l'âge légal : en 2010, avec un relèvement progressif de 60 à 62 ans. Un constat réalisé avant lui par la Direction de l'Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques (Drees), l'institut statistique du ministère du Travail.
La réforme des retraites votée en 2010 a été étudiée par la Drees. En 2016, deux avant que le relèvement progressif à 62 ans de l'âge de départ soit entériné pour l'ensemble des Français, elle a dévoilé une étude remise au Conseil d’orientation des retraites (COR). Il s'agissait de mesurer plus précisément l'impact sur les pensions d’invalidité et les minima sociaux. Le document note que "la réforme de 2010 a pour conséquence une hausse de l’âge effectif du départ à la retraite", mais qu'elle "introduit aussi un risque de bascule de personnes qui auraient été retraitées avant la réforme vers d’autres dispositifs sociaux". Un risque d'autant plus significatif qu'à 60 ans, "près d’une personne sur trois n’est ni en emploi, ni à la retraite". La majorité d’entre elles se trouvent ainsi "en situation d’invalidité ou de chômage", quand "d’autres sont couvertes par un minimum social ou ne touchent aucun revenu personnel".
En ce qui concerne les bénéficiaires du RSA, la Drees a constaté une hausse "des effectifs d’individus âgés de 60 ans entre 2011 et 2012 et celles des effectifs d’allocataires âgés de 61 ans entre 2013 et 2014 d’une part, et entre 2014 et 2015 d’autre part". Ces augmentations sont décrites comme "attendues". L'ensemble des variations observées est condensé dans le tableau qui suit.
Les auteurs partagent également certaines surprises, notamment le fait que "certaines fortes hausses, attendues du fait du calendrier de montée en charge de la réforme, n’apparaissent pas". Dans le même temps, "il existe de forts effets liés à la conjoncture : par exemple, la hausse du nombre de bénéficiaires est significative entre 2010 et 2011, y compris à des âges qui ne sont pas directement concernés par le relèvement de l’âge minimal de départ à la retraite".
Les travaux de la Drees incitent à ne pas se concentrer sur le seul recours accru au RSA à la suite du relèvement de l'âge légal. En effet, d'autres minimas sociaux sont concernés, à commencer par les pensions d'invalidité. "Avec le recul de l’âge minimal de la retraite, le nombre de bénéficiaires de pensions d’invalidité augmente sous deux effets : le maintien plus long en invalidité des personnes qui l’étaient déjà avant 60 ans, et l’entrée dans le dispositif de nouveaux bénéficiaires de 60 à 62 ...
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