[Cinéma] « Harka », la rage de vivre

Valentin Maniglia - LeQuotidien - 10/01
Que reste-t-il de la révolution tunisienne, plus de dix ans après le départ du président Ben Ali ?...

«Harka», fable sociale sur l’existence précaire d’un jeune homme dans la Tunisie post-révolution, arrive en salles mercredi. Le réalisateur Lotfy Nathan et l’acteur Adam Bessa, primé à Cannes, racontent l’odyssée de cet uppercut «made with Luxembourg».

Que reste-t-il de la révolution tunisienne, plus de dix ans après le départ du président Ben Ali ? Chronique d’un pays qui n’est jamais parvenu à sortir de sa mortelle précarité, Harka marque l’entrée en fiction du documentariste américain Lotfy Nathan. Il raconte la loi du plus fort à travers les yeux d’Ali, son (anti)héros qui, lorsqu’on lui demande ce qu’il fait dans la vie, répond sans sourciller, et sans honte : «Je me débrouille.» Le protagoniste incarne tout entier cette fable pleine de rage sur les invisibles de la société et leur détresse. Ali, qui ne sait ni lire ni écrire, gagne ses quelques sous grâce à la contrebande d’essence; à la mort de son père, le jeune homme qui dort sur un chantier doit partager son maigre salaire avec ses deux sœurs cadettes, et les dettes laissées par le père ainsi que la corruption enfoncent toujours plus le couteau dans la plaie. Jour après jour, Ali se rapproche du craquage.

«Je n’avais jamais fait de fiction, mais j’ai...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...