Climat : le trou dans la couche d'ozone pourrait se résorber d'ici à 2066

LCI - 09/01
[VIDÉO] - Le trou de la couche d'ozone pourrait se résorber d'ici quarante ans, selon l'ONU. Mais certains projets de géo-ingénierie solaire destinés à limiter le réchauffement climatique pourraient avoir des effets indésirables. L'un deux, consistant à injecter des particules dans l'atmosphère, conduirait une "grave baisse du niveau de l'ozone".

Le trou de la couche d'ozone pourrait se résorber d'ici quarante ans, selon l'ONU.
Mais certains projets de géo-ingénierie solaire destinés à limiter le réchauffement climatique pourraient avoir des effets indésirables.
L'un deux, consistant à injecter des particules dans l'atmosphère, conduirait une "grave baisse du niveau de l'ozone".

Une bonne nouvelle pour la planète, teintée d'incertitudes. Le trou de la couche d'ozone pourrait se résorber d'ici à 2066, mais de potentiels projets de géo-ingénierie solaire destinés à limiter le réchauffement climatique pourraient avoir des effets indésirables. Voilà la mise en garde des scientifiques de l'ONU Environnement, dans leur estimation quadriennale, parue ce lundi 9 janvier. 

"Si les politiques actuelles restent en place, la couche d’ozone devrait retrouver les valeurs de 1980 (avant l’apparition du trou) d’ici environ 2066 au-dessus de l’Antarctique, 2045 au-dessus de l’Arctique et 2040 dans le reste du monde", indiquent les experts.  Le trou de la couche d'ozone ayant été créé par la pollution d'origine humaine, sa reconstitution a été rendue possible par "l'élimination progressive de près de 99% des substances interdites" décidée par la coopération internationale, dès 1987. 

Vers une "grave baisse du niveau de l'ozone"

C'est à cette date que le Protocole de Montréal, ratifié par 195 pays, a réduit fortement dans l'atmosphère la quantité de chlorofluorocarbures (CFC), autrefois émis par de nombreux réfrigérateurs. En 2016, l'accord de Kigali a prévu aussi l'élimination progressive des hydrofluorocarbones (HFC), gaz extrêmement nocifs pour le climat utilisés dans les réfrigérateurs et climatiseurs. Si l'accord est respecté, il pourrait réduire de 0,5°C le réchauffement mondial d'ici à 2100, ont déjà estimé les experts. Toutefois, ces derniers se sont aussi penchés pour la première fois sur les potentiels effets sur l'ozone de projets de géo-ingénierie destinés à limiter le réchauffement climatique. L'idée serait d'ajouter intentionnellement des particules en suspension dans la stratosphère pour renvoyer une partie des rayons du soleil. 

Un de ces projets consisterait à injecter une quantité considérable de particules de soufre dans la couche supérieure de l'atmosphère, reproduisant les effets de l'éruption volcanique du Pinatubo aux Philippines en 1991, qui avait abaissé la température de 1°C. Mais le niveau d'ozone a été affecté pendant les années qui ont suivi, remarque John Pyle, coprésident du panel scientifique. Une injection de particules dans l'atmosphère "pourrait avoir pour conséquence une grave baisse du niveau de l'ozone", recréant le trou de la couche d'ozone, met-il en garde. "Il y a beaucoup d'incertitudes", selon lui.

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Les scientifiques s'inquiètent dès lors de certains de ces projets. Une modification intentionnelle des rayonnements solaires pourrait par exemple perturber le régime des moussons en Asie du Sud et dans l'ouest de l'Afrique et détruire ainsi les cultures dont des centaines de millions de personnes dépendent, selon des études déjà publiées. Et si la modification des rayonnements prenait fin "pour une raison quelconque, il est très probable que la température de la surface augmenterait rapidement", estime le Giec.

S.M avec AFP

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