Chaos au Brésil : après les manifestations, place à la désinformation

LCI - 09/01
[VIDÉO] - Les images montrant l'invasion de plusieurs lieux de pouvoir au Brésil par des militants contestant la défaite de Jair Bolsonaro ont fait le tour du monde. Le récit de ces événements s'est accompagné d'une série de fausses informations, relayées sur les réseaux sociaux. Les Vérificateurs reviennent sur les fake news qui se propagent et tentent de réécrire le déroulé de faits.

Les images montrant l'invasion de plusieurs lieux de pouvoir au Brésil par des militants contestant la défaite de Jair Bolsonaro ont fait le tour du monde.
Le récit de ces événements s'est accompagné d'une série de fausses informations, relayées sur les réseaux sociaux.
Les Vérificateurs reviennent sur les fake news qui se propagent et tentent de réécrire le déroulé de faits.

La fin journée, dimanche 8 janvier, a été particulièrement mouvementée au Brésil. Dans la capitale Brasília, des milliers de manifestants pro-Bolsonaro ont envahi les institutions brésiliennes et il a fallu plusieurs heures avant que la situation soit finalement maîtrisée. Au lendemain de ces troubles majeurs, nombreuses sont les images relayées en ligne. Souvent instrumentalisées par des militants, elles s'accompagnent d'une propagation de fausses informations cherchant à modifier la perception des événements pour le grand public. 

Des occupations sans violences ni dégradations ?

"En fin de soirée, la situation était indécise et confuse, l’armée refusant d’intervenir contre une foule pacifique", assurent certains messages postés sur les réseaux sociaux. Une vidéo présentée comme tournée à l'intérieur du Congrès est quant à elle mise en avant comme la preuve que sur place, on a constaté "aucune violence, aucune dégradation". Le récit des faits étant présenté comme un "énorme mensonge des médias". 

Ces affirmations sont très largement contredites par les images qui nous sont parvenues de Brasília. Outre les vidéos tournées par les émeutiers eux-mêmes, nous disposons d'éléments fournis par des journalistes présents sur les lieux, illustrant les dommages dans l'enceinte, notamment, du Congrès. Le journal O Tempo montre des bureaux saccagés, avec un mobilier intégralement retourné et où le sol est jonché de débris. Devant le Congrès, c'est la carcasse d'un véhicule de la police qui gît, prise pour cible par la foule. Les clichés partagés par le Correio Braziliense prouvent que la prise des lieux s'est accompagnée de violences majeures, y compris à l'égard des forces de l'ordre.

Notons enfin, parmi la multitude d'images qui contredisent la thèse d'une foule pacifique et ordonnée, celles d'un homme filmé pantalon baissé à l'intérieur des bâtiments. Il mime, drapeau brésilien sur les épaules et chapeau de cowboy sur la tête, le fait de déféquer sur un bureau. Une séquence qui a déclenché des réactions indignées de la part d'une partie de l'opinion au Brésil, tandis que certains tentent de rassembler des éléments susceptibles de l'identifier.

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Devant l'hostilité de la foule à son égard, le président Lula aurait quitté précipitamment la capitale. "L'actuel président [...], a été évacué [...] vers Sao Paulo", lit-on, "en lieu sûr", ajoutent certains, laissant entendre qu'il se trouvait sur place plus tôt dans la journée. 

Ces affirmations sont contredites par des sources fiables au Brésil, à commencer par le correspondant du journal Le Monde dans le pays. "Lula n'est pas à Brasilia, mais à Araraquara, dans l'intérieur de l'État de Sao Paulo", rapportait dimanche Bruno Meyerfeld. Une présence là-bas qui s'explique non pas par le souhait d'éviter les violences potentielles à son encontre, mais par une visite lui permettant de constater de lui-même "les dégâts provoqués" dans cette zone "par de fortes pluies". On peut noter qu'un média local a filmé l'arrivée du président, diffusant des images de lui à son arrivée, sous les chants d'une foule visiblement acquise à sa cause.

Des violences dues à des casseurs "pro-Lula" ?

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