En septembre dernier, le premier cours de littérature classique de la première année d'histoire de l'art à l'Université, a commencé par une question d'un étudiant : « Qu'est-ce qui est beau ? Qu'est-ce que le sublime ? Malheureusement, aucune réponse définitive et sans équivoque n'a pu être donnée. Mais peut-être cette impossibilité est-elle une des caractéristiques les plus typiques du sublime, malgré ses nombreuses transformations : son intangibilité et son inadéquation à tout ce qui est établi. D'où sa charge iconoclaste, anticonformiste, voire révolutionnaire ; mais aussi sa dangerosité, sa noirceur, son affinité avec les aspects nocturnes de l'âme et de l'art. Du coup, on s'aperçoit que pour répondre à cette question, dans la confusion typique de notre époque, tout notre appareil conceptuel moderne est engagé : ni le beau, ni le drôle, ni le tragique ne jouissent pour nous de la clarté avec laquelle le grec et le romain la culture les avait définis et incorporés dans tous les aspects de leur vie, privée et publique. C'est pourquoi, avant d'aborder la problématique de la définition du sublime antique et de son histoire, il faudra peut-être démanteler les mystifications de notre temps présent. Ainsi, du moins, propose-t-il de réaliser l'étude la plus récente sur ce concept, par le philosophe Haris Papoulias, dans sa récente édition et commentaire du traité qui pose les bases de cette discussion, A propos du sublime, de Longin, aujourd'hui récupéré par Alianza. Cela confirme comment notre postmodernisme néo-romantique a poursuivi la curieuse dérive du sublime hors de l'idéalisme, substituant le paysage et la contemplation architecturale du grand tour au tourisme de croisière et à l'émotion d'horreur et de danger, évoquée par Burke, par la diffusion télévisée de les bombardements des guerres en Irak et en Ukraine.
"Les plaines du ciel", 1857, peinture de Charles Mottram d'après John Martin. Asar Studios / Alamy (Asar Studios / Alamy)Ces étudiants de première année, qui continuent de se poser aujourd'hui la question clé du sublime, sont nés à l'ère d'internet et des réseaux sociaux. Ils recherchent les émotions autrement : sur YouTube ou TikTok, dans les émissions de masse, à la Coupe du monde, à l'Eurovision... Ils ont grandi sous le manteau ...
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