Après une pause pendant les fêtes, les députés feront leur retour à l'Assemblée nationale ce lundi 9 janvier. Cette date aurait pu être l'occasion du retour d'Adrien Quatennens dans l'hémicycle. Condamné pour violences conjugales et exclu du groupe La France insoumise pendant quatre mois, celui qui siègera parmi les non-inscrits avait fait savoir qu'il souhaitait revenir au palais Bourbon "vraisemblablement dès le mois de janvier". Mais cette échéance semble s'éloigner.
Selon son avocate Jade Dousselin, qui s'est confiée au Figaro, Adrien Quatennens aurait "quelques soucis de santé tout juste décelés, nécessitant des examens complémentaires", qui l'obligent à reporter la date de son retour. Il pourra être plus affirmatif sur celle-ci une fois les examens effectués, la semaine prochaine.
Des pépins de santé qui laisseront encore un peu de répit aux insoumis, divisés sur le retour de leur ancien coordinateur. Certains cadres du mouvement comme Clémentine Autain ont déjà fait part de leur malaise à le voir revenir, notamment après ses interviews décriées dans plusieurs médias pour se défendre et minimiser les faits pour lesquels il a été condamné. Selon la députée de Seine-Saint-Denis, "le groupe va forcément être amené à rediscuter vu l'onde de choc qu'il a suscitée".
Le malaise est également palpable chez les militants. Le 26 décembre, un millier d'insoumis et membres de la Nupes signaient une tribune dans Le Monde pour dénoncer la décision du mouvement de n'exclure que temporairement de son groupe parlementaire le député. Depuis le verdict du procès et la décision de LFI, la colère s'organise dans les rangs insoumis et les communiqués de groupes d'actions pleuvent sur les réseaux sociaux, pour dire leur refus de voir Adrien Quatennens retourner à l'Assemblée et dénoncer le fonctionnement du mouvement.
Et au sein même de l'opinion publique, le retour d'Adrien Quatennens est mal vu. Selon un sondage YouGov pour Le HuffPost, 67% des Français estiment que le député du Nord doit renoncer à son poste dans l’hémicycle, 55% parmi les sympathisants de la Nupes. C'est dix points de plus qu'en octobre, quelques jours après que le député du Nord avait avoué avoir commis des violences conjugales contre son épouse. Mais l'ancien disciple de Jean-Luc Mélenchon a toujours exclu de renoncer à son poste. Suite à sa condamnation, estimant être victime d'un "lynchage médiatique", il avait déclaré : "Démissionner après avoir été condamné pour un acte que j'ai reconnu créerait un précédent dangereux et ouvrirait la porte à toutes les instrumentalisations politiques de la vie privée".
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